Vacances en Espagne : jeudi 3 mai 2018

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Nous poursuivons notre route vers les steppes arides des Monégros, en Aragon. Nous aurons la chance de traverser, ce territoire désertique, immense et pourtant méconnu, qui se prête pourtant à de magnifiques randonnées, dans le plus grand dépaysement.

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La première fois que j'y suis allée, il y a 10 ans, en plein été, je fus attirée comme un aimant par ce décor de Western, ces paysages arides, nus, blancs, écrasés de chaleur et de lumière. Los Monégros,  évoquait, pour moi, des moines en robe de bure, perdus dans ces immensités arides. 

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Il me fallait y retourner un jour, pour m'approcher de plus près de cet immensité désertique. Nous allons, de long en large, traverser ce désert vivant, unique et irremplaçable, morceau d'Afrique en Europe. Certes, ce n'est pas le Sahara de mes rêves d'autrefois, où j'ai vécu sept années....Mais c'est un désert quand même !

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Je m'aperçois, aujourd'hui, que los Monégros, depuis la dernière fois que j'y suis allée,  sont toujours aussi fascinants ! Rien n'a changé , ou presque, juste la couleur, car en ce moment c'est le printemps et les maigres céréales étaient en train de faire leur entrée dans la vie, en vert, envers et contre l'aridité qui les attendait l'été.  L'eau de la rivière Cinca a chassé le sel des terres ocre, et a reverdit ce désert, qui a pris un nouveau visage, beaucoup plus vert, quand période sèche.

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Situés dans la dépression de l’Ebre, los Monégros, est un immense désert de pierre et de sable, traversé par trois fleuves, et  quelques salines. Il n’y pleut pratiquement jamais. 

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Le nom de Monegros vient de la contraction de "Montes Negros" (Monts noirs).

 

 

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Il renvoi à la particularité historique de cette zone, constituée de grandes forêts de pins, de sapins et de genévriers, parfois teintés de couleur noirâtre, maintenant détruits et remplacés par l'actuel habitat de steppes.

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Cette vaste étendue plate, à perte de vue, dénudée, sans arbres, ou presque, sans ombre, et sans eau, est ponctuée par des reliefs aux formes singulières.

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Nous roulons à travers un impressionnant réseau de ravins, aux incroyables formations géologiques.

 

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La beauté des paysages nous fait vite oublier les aléas du vent, qui souffle en fortes raffales, ce jour-là.

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Un Busard Saint-Martin lutte contre le vent, des alouettes s’abritent dans la végétation, tandis qu’un petit groupe de canards a trouvé refuge dans une mare au milieu des étendues arides. 

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Dans cette surprenante région, de Monégros,  nous rencontrons des pics isolés et déchiquetés, d’énormes blocs de pierre qui défient le temps avec leur incroyable verticalité, qui rendent cette région unique et attractive. 

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Un contraste digne des oasis marocaines. 

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Nous longeons, dans cette  plaine désertique, des falaises de plus de 250 mètres de haut, peuplées par les genévriers millénaires.

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Nous découvrons une mosaïque de paysages, tous plus variés les uns que les autres, et d’une beauté sauvage, qui me fait penser au Far West américain.

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Une multitude de couleurs, allant de l'ocre au vert foncé. L’eau et le vent y ont sculpté un relief unique, de blocs de calcaires érodés, entourés de terres cultivées, de pins, d'amandiers et d'oliviers. 

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Les tapis de romarin, de camomille et de thym emplissent le paysage d'arômes intenses. Les coquelicots, au bord des routes, et dans les champs, habillent le paysage de leur couleur rouge vif. Quelques paquerettes, et fleurs des champs se marient à eux.

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Nous partons à la rencontre de villages perdus au milieu des Monégros. Leur couleur a la couleur de la terre, et se confondent avec elle.  

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L'on y cultive de maigres céréales, où les maisons et les  fermes, souvent bâties en torchis, ont une vie inhospitalière et éphémère.

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Nous découvrons, sur notre route, des rochers et des clochers d'église, qui abrite bon nombre de cigognes. 

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Perchées au dessus de nos têtes, elles y ont élu domicile pendant toute l’année ; de quoi ravir les touristes et amateurs d’oiseaux.

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Les routes sont rares et souvent rectilignes, je retrouve intactes mes émotions d'autrefois, amplifiées par le fait que nous sommes seuls dans cette immensité.

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Tout proche, des troupeaux de moutons, se confondant avec le sol, paissaient sur la steppe maigre et rase.

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Steppes, forêts de pins, montagnes, plaines, barrancos et lagunes salée, se côtoient dans ce paysage aride, de 2760 km².  La plus grande altitude se situe à 822m.

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Malgré ce  petit air d'Afrique, la faune et la flore y sont abondantes. Le butor, le hibou royal, l'aigle royal, le vautour, et l'outarde y vivent en paix.

DSC_4020Lagune. 

La nature a ciselé, avec le temps, un insolite paysage, balayé par le Cierzo, vent du désert, qui soulève la poussière des pistes que nous traversons.

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Cette contrée, est un territoire, que les amateurs de silence et de tranquillité apprécieront, comme moi, je suis sure ! Avec une densité de population d'à peine 8 habitants au km², cette région est un paradis pour les camping-caristes, que nous sommes.  

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Le travail d'irrigation dans cette région est phénoménal. L'eau provenant des deux fleuves, le Rio Cinca et l'Ebre, est distribuée partout, grâce à des barrage, des canaux d'irrigation, d'une grande superficie (souvent même aériens).  

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Un barrage alimenté par le canal del Flumen permet l'irrigation des cultures de la région, des tâches vertes au milieu d'un océan blond. 

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Suite : balade sur les chemins de Monégros.