Nos carnets de Voyages autour du monde.

03 juillet 2018

Monastère de Ripoll : une merveille d'architecture

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Au retour de notre séjour en Aragon et Navarre, nous faisons une halte à Ripoll, surtout connu pour son monastère.

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Commune, de la province de Gérone, en Catalogne, la ville de Ripoll est  située dans les Pyrénées, en moyenne montagne. Au sein de la petite ville, qui compte à peine 30.000 habitants, se trouve un très joli monastère particulièrement bien conservé, que nous aurons la chance de visiter.

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Il fut fondé par le Comte de Barcelone, Wilfried le Poilu, en 879, à l'origine du drapeau catalan. Il est consacré en 888 et est dédié à la Vierge.

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L'importance croissante du Monastère de Ripoll a rendu nécessaire des campagnes d'agrandissement. En 977 on en compte déjà 3, de l'abbatiale, et c'est entre 1008 et 1046 que l'église acquiert son transept et ses dimensions actuelles.

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Cependant l'aménagement intérieur continue à évoluer, et suite aux tremblements de terre de 1428 et 1830, le nombre de vaisseaux de la nef a été réduit de 5 à 3.

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Elle commence  à décliner à partir du 13ème siècle, même si elle reste longtemps la plus prestigieuse de la congrégation Tarraconaise, dont elle fait partie.

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Proche de la frontière, l'abbaye subit plusieurs occupations françaises au 17ème et 18ème siècle. Ce sont cependant les réformes engagées après la première guerre civile de 1833 qui affectent le plus l'abbaye. Des révolutionnaires vont piller et incendier le monastère. Quelques moines seront assassinés. 

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En 1886, l'abbatiale est entièrement reconstruite selon le plan original du XIe siècle (avec cinq vaisseaux dans la nef). Elle sera profanée encore une fois en 1936, avant d'être définitivement classée monument historique en 1962.

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Longue de 60 mètres et large de 40, l'église est assez austère et sombre. Elle a servi de panthéon aux comtes de Barcelone, de Besalu et de Cerdagne. 

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La façade est encadrée de deux tours clochers, d'hauteurs différentes. 

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Elle est précédée par une galerie (auvent en verre), qui protège le célèbre portail roman, pièce maîtresse du lieu, connu aussi sous le nom de : "bible de pierre". Cet aménagement est indispensable à la conservation de l'œuvre. Il est relativement bien conservé et date du 13ème siècle. « Arc de triomphe du Christianisme », il a été sculpté par des artistes en 1169. 

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Le portail de Ripoll, avec ses 7 franges, est l'un des monuments les plus considérables de la sculpture romane, catalane, tant par ses dimensions matérielles (11 m de long, pour une hauteur de 7m), que par l'ampleur de son iconographie. Il se divise en six registres principaux consacrés à divers épisodes bibliques. Certaines parties sont mutilées ou dégradées par le temps. L'ensemble reste cependant lisible et impressionnant. 

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Il retrace le chemin du chrétien vers la vie éternelle. Prêtez-y donc bien attention, vous y trouverez peut-être la clef du salut. Entre un lion de la grosseur d'un chat et le calendrier agricole, où le blé devient maïs, il vous faudra à la fois imagination, et capacité de discernement, pour vous y retrouver. 

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Le cloître, à deux étages,  est, comme il se doit, accolé à l'église. 

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Sa construction commence dès le XIIe siècle mais n'est pas achevée avant le XIVe. 

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La galerie supérieure date du XVIe siècle.

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Ce beau cloître, montre des chapiteaux, richement orné du XIIe siècle.

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Ils sont sculptés de motifs religieux, mais aussi païens (mythologies, scènes de la vie quotidienne). Ceux de la galerie nord, les plus anciens, sont les plus intéressants.

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Ripoll est une autre ville sympathique, de la région, dans laquelle vous aurez plaisir à flâner, après cette belle visite. Son centre historique,  fait de vieux quartiers, est pittoresque. Elle pourra également être le départ pour de jolies balades dans les forêts avoisinantes. N'hésitez pas à me laisser un commentaire, j'y réponds à chaque fois !

A bientôt.

 


 

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06 juin 2018

Le monastère de Montserrat

Vacances en Espagne : mercredi 9 mai

Abbaye de Montserrat

Nous grimpons sur la route, du massif de Montserrat, qui s'enroule, sans quitter des yeux ces étonnantes murailles et ces rochers, ruiniformes, en dents de scie, façonnés par le vent et l’eau.

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Ce massif, formé d’immenses blocs, teintés de rose, est situé à une trentaine de kilomètres au Nord-Est de Barcelone, en Catalogne, sur la route qui mène de Terrassa à Manresa. 

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Culminant à 1236 m d’altitude, ils ont la forme de pics ou de dents, dont Gaudi s’inspira, dans la conception architecturale de la cathédrale, Sagrada Familia, à Barcelone.

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En catalan, mont : veut dire montagne et serrat : dent de scie. Des vues sur la plaine qui entoure la montagne, et sur ces étranges reliefs, s’offrent à nous.  Derrière ces montagnes, quand l’horizon est dégagé, on peut apercevoir la Méditerranée. 

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Ses énormes roches et solides conglomérats éocènes, font de cette montagne un site d'une beauté impressionnante, aux nombreuses grottes et avens. 

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Ses abruptes roches ruiniformes rappellent des silhouettes humaines, ou d’animaux de toutes sortes : le pic du Chameau, la Salamandre, l’Eléphant… Leurs formes élancées, et fantasmagoriques, que l’on croirait faciles à apprivoiser, se révèlent être un terrain ardu pour les grimpeurs (5000 voies d’escalade).

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Un peu de géologie : il y a des millions d'années la mer occupait cette région de Catalogne et des fleuves assez torrentueux se déversaient dans cette mer, apportant des quantités de graviers, roulés, qui se cimentèrent entre eux, avec les sédiments, lorsque la mer s'assécha. On appelle, en géologie, cette formation : "le poudingue". Toute la sierra est faite de ce matériau, à l'incroyable solidité.

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Son aspect curieux a donné naissance à de nombreuses légendes et mythes.

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Le monastère bénédictin de Santa Maria de Montserrat, situé à 720 m d’altitude, est niché au cœur de la montagne, ces monolithes, abruptes géants, usés par le temps. Il attire tout autant les simples touristes, que les pèlerins ou amateurs de nature. C’est, pour les catalans, à la fois un lieu de pèlerinage et un haut lieu identitaire, jeunes et vieux y viennent en foule ! 

Abbaye de Montserrat

Ce massif montagneux est cher à la culture catalane. Les catalans viennent à Montserrat pour implorer la vierge noire, patronne de la Catalogne, une statue du XIIe, trouvée miraculeusement, dans une grotte du massif. 

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Chacun touche respectueusement une sphère tenue par la vierge, établissant ainsi un lien magique avec l'idôle.

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L’histoire de la Catalogne et celle de Montserrat s’entremêlent. Détruit par l’armée napoléonienne au XIXe siècle, le monastère sera forcé de fermer ses portes pendant la guerre civile espagnole, de 1936 à 1939, durant laquelle vingt-trois membres de la communauté seront tués.

Abbaye de Montserrat2

Durant les années 1960, les moines de Montserrat, qui ont toujours parlé catalan, accueillent en douce des réunions catalanistes clandestines, alors que Franco avait supprimé le droit de réunion.

Abbaye de Montserrat

Le premier funiculaire est inauguré en 1918, il reliait le monastère de Montserrat à l’ermitage de Sant Joan, à environ 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer. 

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On y trouve un belvédère spectaculaire, point de départ de nombreuses excursions.

DSC_5337Ermitage Sant Joan.

La convergence de l’art, de l’histoire, de la spiritualité, avec la splendeur naturelle du paysage, font de cet endroit un lieu unique à visiter absolument !

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À cinq minutes en voiture du Sanctuaire de Montserrat, se trouve le Monastère Santa Cecília de Montserrat, situé sur une des plus belles enclaves de la montagne.

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Son église, récemment restaurée, date du XIe siècle et représente un des exemples les plus remarquables d’architecture romane de la région. De style roman, elle comporte trois nefs, trois absides, ornées de bandes lombardes, et un simple clocher asymétrique.

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 L’ensemble a fait l’objet de diverses interventions au cours du XXe siècle.
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Peintures, vitraux de couleurs, retables et fresques ornent les nefs de cette église romane consacrée à Santa Cecília, patronne des musiciens. 

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Tout proche du monastère Saint Cécilia, se cache, dans la verdure, le monastère, grandiose, de Sant Benet. Gorgé de mille ans d'histoire, il était au Xème siècle l'un des monastères les plus importants de la Catalogne.

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Fondé en 950 autour des reliques de Saint-Valentin, il garde de l'époque médiévale l'Abbaye bénédictine, l'église et le cloître qui témoignent d'un art roman à la catalane.

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Racheté par la famille du peintre Ramon Casas en 1907, le monastère devient une résidence d'été aux influences baroques, apportant une touche moderne à la structure.DSC_5320

Plus de 2000 pièces décoraient alors cette «villa de vacances», au romantisme bourgeois. Aujourd'hui, le monastère Sant Benet est devenu un lieu de sérénité, qui se visite.

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Montserrat comptait au 9e s. treize ermitages situés aux endroits les plus élevés de la montagne. Ces ermitages, portant des noms bibliques et de pénitents du désert, subsistèrent jusqu'à l'occupation de l'armée napoléonienne (début du 19e s.). Bien qu'ils soient désormais à l'abandon, ils constituent un but d'agréables promenades en raison de la beauté des sites et des magnifiques vues qu'ils ménagent. 

Merci d'avance pour vos commentaires, et à bientôt pour la suite de notre road-trip en Espagne du Nord.

 

 

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05 juin 2018

Monastère de Poblet

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Nous poursuivons notre route en direction de la Sierra de Monserrat, symbole de la culture catalane, avec ses pics impressionnants. Sur la route, nous ferons escale au  monastère fortifié de Poblet. Ce plus grand monastère Cistercien d'Europe, est une résidence royale, fortifiée. Situé à 40km de Tarragone (Catalogne), il impressionne par sa majestueuse sévérité.

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Cette abbaye cistercienne, abrite le panthéon des rois de Catalogne et d'Aragon. En arrivant, nous sommes, en contemplation, devant la grandeur du monument, incroyable, et surtout par sa magnifique tour-lanterne octogonale, (véritable dentelle d'architecture).

DSC_5269La tour lanterne.

 L'ensemble présente : 3 enceintes

Une 1ère enceinte  abrite la chapelle Sant Jordi, (ou St Georges).  Elle se trouve à droite des dépendances agricoles. Malgré sa taille réduite, cette chapelle est  l'un des bâtiments les plus beaux du monastère. 

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 - Une 2ème enceinte : C'est en contournant le mur extérieur que nous découvrons la porte fortifiée de la 2ème enceinte, avec son classique système de défense.

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Aujourd'hui, elle  héberge la billetterie et le magasin de souvenirs. C'est de la deuxième enceinte que la Plaça Major offre la meilleure vision de Poblet.

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- Une 3ème enceinte nous permet d'atteindre le cloître, la salle capitulaire ou encore l'église. Nous sommes en admiration devant l'imposante fortification du bâtiment monastique. 

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 Cette façade, pleine de charme, a inspiré de nombreux artistes. 

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L'extérieur représentait la rigueur militaire, l'intérieur aspire plutôt à la méditation et à la plénitude...  Selon la règle de Saint Benoît, tout ce dont les moines avaient besoin, étaient présents : l'eau, un moulin, un jardin et des ateliers pour les artisans.


Le cloître : Nous commençons notre visite par le grand cloitre construit, en Roman et gothique, à la fin du 12èmesiècle. Il est particulièrement vaste : quarante mètres de longueur sur trente-cinq de largeur.

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Les sculptures des chapiteaux gothiques sont très sobres. 

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On y voit de nombreux motifs végétaux. Les arcs des galeries sont surmontés de rosaces.

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Les jeux d'ombres et de lumière, se reflétant sur les nombreux tombeaux (dons de généreux donateurs), posés sur les murs de ces allées, incitent au recueillement.

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Un grand lavatorium (ou « lavabo ») est à la disposition des moines, qui doivent se laver les mains, avant d'entrer dans le refectoire.

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Le bruit de l'eau retombant de la fontaine est apaisant et apporte une douce mélodie.

DSC_5223;Lavatorium ("lavabo")

Le réfectoire : C’est une grande salle rectangulaire d'une grande sobriété architecturale soutenue par 3 arcs et des croisés d'ogive. Au fond, une chair devait accueillir un moine lecteur.

DSC_5233 réfectoire

La cuisine  : communique avec le réfectoire avec des trous percés dans le mur pour passer les aliments.

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La salle capitulaire  :  C'est un chef d'œuvre  où l'art roman et gothique se mélange harmonieusement. On peut voir à même le sol les pierres tombales de certains moines.

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Les tombes quittent l'abbaye en 1835, pendant la période du désamortissement, pour la réintégrer en 1952.

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Le dortoir : Sa grandeur est surprenante, plus de 87 m de long, mais toujours sans cheminée. On s'imagine mal comment ils pouvaient passer tout un hiver dans ce haut et grand bâtiment austère.   

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L'église : ce lieu de prière, est grandiose et d'une grande pureté, (elle date de 1166).

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Nous contemplons, les nombreuses tombes de personnages célèbres.

DSC_5255;Tombes.

Plusieurs rois d'Aragon sont enterrés à l'abbaye de Poblet, dans le Panthéon royal, comme : le roi Alphonse V d'Aragon. 

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Elle renferme de véritables trésors : panthéon royal, retable, chapelles ...  

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Histoire : Le monastère est fondé à l'initiative du comte Raimond-Bérenger IV de Barcelone, qui donne en 1151 aux moines cisterciens de Fontfroide une terre, tout juste reconquise sur l'occupant arabe, sur laquelle ils vont bâtir leur abbaye. Au milieu du 14ème siècle, Pierre III, le cérémonieux, fait du monastère le Panthéon Royal, de la dynastie (grâces aux donations des rois et des nobles).

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Le 16ème siècle, annonce le déclin du monastère. En 1835, une loi est votée autorisant la vente des biens ecclésiastiques. Pendant la fermeture, le monastère et en particulier les tombes royales sont endommagées et profanées. Les terres sont vendues aux enchères et la dégradation transforme l'abbaye en ruine jusqu'en vers 1921.

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À partir de cette date, on prend conscience de la valeur du patrimoine de Poblet. L'abbaye devient Monument historique. Une restauration commence à partir de 1930. En 1940, une communauté cistercienne s'installe à nouveau dans les bâtiments.

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En 1991, l'Unesco l'inscrit au "Patrimoine Mondial de l'Humanité". De nos jours, la communauté monastique de Poblet compte trente moines. Si vous passez par-là venez visiter ce lieu unique et extraordinaire,  vous ne  regretterez pas le détour. 

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Connaissez vous le monastère de Poblet, en Catalogne, très bien conservé ? Il mérite un arrêt pour découvrir ses enceintes et son magnifique cloître, entre autres. Merci d'avance pour vos commentaires, et à bientôt pour la suite de notre road-trip en Espagne du Nord.

Suite : la Sierra de Montserrat.

 

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04 juin 2018

Ujué et sa forteresse église

Vacances en Espagne : lundi 7 mai

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Après avoir quitté Olite et son magnifique château, sans quelques regrets, et pris un bon petit déjeuné,  nous partons, à Ujué, que l’on aperçoit de loin. Classé dans les plus beaux villages d’Espagne, il ressemble à une véritable forteresse militaire. Perché sur les hauteurs, à 840 m d’altitude, et couronné d’une monumentale église fortifiée, Ujué est un très joli village avec ses tours crénelées et ses contreforts.

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Perdu sur les hauteurs d'un plateau dénudé, sans rivière qui baigne le  village, ni arbre qui le protège, ivre d'une apparente solitude, se dresse Ujué. Nous garons notre camping car, à la sortie du village, près d'une chapelle en ruine, pour nous ballader à pied dans les rues tortueuses et pentues. 

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En arrivant, dans le village, on s’attend à un bourg beaucoup plus grand, plus peuplé, et plus vivant… Il est balayé, ce jour-là, par un vent violent. Nous ne pensions pas que le désert s’étendait jusqu’ici ! Les rues sont complètement désertes, nous sommes les seuls touristes à nous balades dans les rues.

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Le village date de la fin du VIIIe s., lorsque le premier roi de Pamplona, Iñigo Arista, fit construire une forteresse destinée à freiner l'avancée de l'Islam. Le bourg constitue un exemple exceptionnel de cité médiévale. Il est édifié sur une colline, aux fortes pentes, que ses rues dévalent en escalier. 

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Ce beau village médiéval, aux rues étroites, grimpe le long de pentes prononcées, pour nous amener tout en haut, face à l'église-forteresse de Santa Maria de Ujué.  Cette forteresse, avec ses tours crénelées, et ses remparts, cache et protège une très belle église. Lieu connu, d’un  ancien pèlerinage qui réunit, chaque année, au mois de mai, les pèlerins des villages alentours.

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Cette église fut construite, au XIe s., dans un style roman, par le roi Inïgo Arista. Elle fut ensuite modifiée par un autre roi : Sancho Ramirez. C’est, ensuite, Charles II de Navarre, qui, au XIVe s. édifia une vaste nef gothique.

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Elle touche le palais royal et l’hospice des pèlerins, et est entourée d'un chemin de ronde et de tours crénelées. Le monument conserve actuellement deux tours, donnant à l'ensemble un aspect de forteresse davantage que de sanctuaire.

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Après être monté jusqu’à l’église fortifiée, un belvédère, à légères colonnades, nous offre un magnifique panorama. 

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C'est un paysage désertique, mais bien vert, au mois de mai, qui se dévoile sous nos yeux.  

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Du haut nous avons une vue superbe sur la cordillère pyrénéenne comme sur la plaine de la Ribera. 

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La plus grande surprise, dans ce village  médiéval, c’est le double mur qui enferme l’église. (une église, dans une église).

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Le portail retient notre attention, c'est l’un des plus riches du gothique navarrais. Il est superbement orné et possède des chapiteaux sculptés.

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 On peut y voir de très belles têtes, d'une grande finesse, très expressives et variées, dépeignant toute la société.

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L’église n’est pas très grande, mais élégante et sobre. Une vierge en bois d’aulne, du XIIe s., recouverte d’argent et de pierres précieuses, trône dans la nef.

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Ce sanctuaire est porteur d'une belle légende : elle raconte qu'un berger vit apparaître une colombe qui entrait et sortait par un trou dans la faille d'une falaise. En suivant la colombe, il découvrit une grotte avec une statue de la Vierge à l'Enfant. Cette vision fut interprétée comme une injonction de la Vierge de fonder un village à cet endroit, et c'est ainsi que naquit Ujué. Cette vierge protège le cœur de Charles II de Navare, dit "  Charles le Mauvais", son corps étant  dans la cathédrale de Pampelune.

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Nous nous  promenons, avec plaisir, dans ce labyrinthe de rues pavées de ce petit village de 300 habitants. Elles sont bordées de maisons, restées  identiques à ce qu'elles étaient au Moyen Age. 

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Les façades, des honorables maisons, présentent de grands portails, et les nobles demeures, sont rehaussées de grands écussons.

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En entamons la descente, vers notre camping-car, une petite boutique attire notre attention. Elle  vend les célèbres pralines d’Ujusé, mais, ainsi que du turron, (une confiserie espagnole à base de miel, de sucre, de blanc d'œuf, et d'amandes entières ou pilées), et même du chocolat noir à l’huile d’olive.

ingredientes turronTurron.

Après cette visite fort intéressante, nous poursuivons notre route vers Sabada, une petite route de campagne, en direction de Saragosse, que nous avons déjà visité précédemment. (voir menu Espagne : Espagne 2018 (1)

DSC_4947Ville de Sabada.

DSC_4944Château de Sabada, d'architecture mauresque.

Au cœur de la plaine des Cinco Villas se dresse l'imposante et robuste silhouette du château médiéval de Sádaba, tout droit sorti d'une époque révolue. L'ampleur et la hauteur de son enceinte fortifiée nous surprennent. Les murs, élevés et uniformes, évoquent l'art cistercien. Sur tout le périmètre se dressent sept tours crénelées également rectangulaires, dont quatre aux angles.

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Connaissez vous ce village médiéval, de Ujué, toute proche d'Olite et de Pampelune ? Il mérite un arrêt pour découvrir son extraordinaire forteresse-église, très bien conservée. Merci d'avance pour vos commentaires, à bientôt pour la suite de notre road-trip en Espagne du Nord.

Suite : monastère de Poblet

 

 

 

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03 juin 2018

Olite et son château-palais

Vacances en Espagne : dimanche 6 mai

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Quand on arrive à Olite, dans la région Navarre, en Espagne, ce qui surprend le plus c’est la silhouette élancée et harmonieuse, de la forteresse d’Olite, dont Walt Disney s’est inspiré, pour créer son château de Cendrillon. Situé dans une vaste plaine, entre champs de céréales et vignobles, il domine le petit bourg, de 3900 hab., à 42 km au sud de Pampelune (Pamplona).

 

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Construit entre 1402 et 1424, le château médiéval, commença à se détériorer à partir de 1512. Le roi Carle III, le noble est à l'origine de sa construction. Connu pour son amour de l'art et de la culture, fit ainsi édifier ce qui fut l'un des palais les plus luxueux d'Europe. Sa restauration achevée en 1966, après 40 ans de travaux, est saisissante !

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Le Palais Royal d’Olite, se compose de 3 parties. Le palacio viejo (actuel Parador), les ruines de la chapelle San Jorge et le Palacio Nuevo, seul à être ouvert à la visite. Ce monument réserve une belle découverte, au détour des arches gothiques, des patios et de leurs galeries, des clochers et des tourelles. Avec ses épaisses murailles et ses tours crénelées, a accueilli la cour des rois de Navarre, jusqu’au rattachement à la Castille (1512). 

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Les élégantes tours et tourelles, qui n'en finissent pas de s’élancer vers le ciel nous révèlent une vue panoramique magnifique. Nous avons l’impression d’être transportés au Moyen-Age. On peut imaginer facilement comment se déroulait la vie des courtisans dans un palais richement décoré. 

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Siège de la Cour Royale, au Moyen Âge, ce luxueux palais a abrité rois et princesses. Il possédait, même,  d’élégants jardins et même un zoo. Déclaré monument national en 1925, il constitue l’exemple, le plus important, du gothique civil de Navarre, et l’un des plus importants d’Europe.

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Ce château déjà très impressionnant par ses dimensions,  vue de l'extérieur mérite qu'on y passe un moment, de préférence le soir avant le coucher du soleil.

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Une architecture à couper le souffle qui fait prendre conscience de la puissance des Rois de Navarre, à l'époque de la construction. L’ayant déjà vue, il y a 10 ans, nous ne referons pas la visite intérieure.

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Nous avons adoré les ruelles et les petites places, où les cafés et les restaurants, sont nombreux et très  animés au soir.

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Une promenade dans les rues étroites d'Olite nous fera passer au pied de palais Renaissance et baroque, de maisons nobles, en  pierre, aux blasons prestigieux. 

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On peut y voir aussi de belles galeries médiévales, de splendides églises, sans oublier les murailles romaines. 

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Des joutes, des tournois, des parties de pelote, et des corridas, y étaient organisés.

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 Les Fêtes Médiévales remémorent, de nos jours, ce passé glorieux.

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Des rois et des princesses, des mages et des troubadours, des fauconniers et des archers, reviennent chaque année faire des représentations, à cette  occasion.

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Dans une partie du château majestueux, d’Olite, se situe le Parador de la ville. Ce palais accueille les visiteurs, dans une ambiance médiévale chic. Une partie de l'hotel, dont les chambres, les verrières, occupent une des ailes du majestueux château-palais. Menu dans le restaurant : 32 €

DSC_4803Façade du Parador, faisant partie intégrante du château.

A côté du Parador, se trouve l'église, de Santa María la Real, qui accueillait les diverses célébrations des rois de Navarre. Cette ancienne chapelle royale mérite surtout une visite pour sa façade. 

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Un atrium aux fines arcades, polylobées, précède la façade du 14e s., excellent témoin de la sculpture gothique navarraise. 

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Cette église de style gothique se distingue par son impressionnant portail, une immense richesse iconographique. Les motifs sculpturaux de son portail datent du 13e s.  À l’intérieur, elle possède un grand retable Renaissance signé Pedro Aponte, surplombé d’un beau crucifix gothique.  

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C’est un véritable havre de paix et de tranquillité, entouré de murs de pierre centenaires.

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Le climat, méditerranéen, a fait d'Olite la capitale du vin, de Navarre, de nombreuses caves vinicoles à visiter, ainsi qu'à y déguster ses crus. 

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Connaissez vous cette belle ville, toute proche de Pampelune ? Olite  mérite un arrêt pour découvrir son extraordinaire château-palais, très bien conservé. Merci d'avance pour vos commentaires, à bientôt pour la suite de notre road-trip en Espagne du Nord.

 

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01 juin 2018

Bardenas : Blanca Baja

Vacances en Espagne : le dimanche 6 mai 2018

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En quittant le désert de Bardenas, lors de notre premier voyage, en 2007, nous nous étions promis de revenir, et voilà c'est chose faite ! Le dépaysement, c’est le sentiment qui caractérise le mieux ce désert, et c’est ce que nous voulions. Être transporté dans cet endroit lunaire, à l’allure semblable aux pampas d'Amérique du Sud. 

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De hauts plateaux perchés au sommet de falaises, aux couches multicolores, des canyons, ayant laissé les témoins d'une érosion sans merci, des étendues désertes d'argiles craquelées où règne le vent, des buissons de branches sèches, des vautours qui volent en tournoyant, mettent la dernière touche à ce décor de western. 

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Non, ce n'est pas le Colorado, les déserts mythiques de l'Ouest américain, c'est la zone de la Blanca Baja, dans le désert de Bardenas. Je vous ai réservé, pour la fin, les plus belles photos de ce décor, idylique et fascinant, à la beauté sauvage !

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C’est un des paysages les plus insolites de l'Europe, à 70 kms au sud des Pyrénées. Très vite en  traversant, ce désert, nous avons le sentiment de traverser un bout d'Afrique. Il constitue le deuxième désert européen, après celui de Tabernas, situé en Andalousie. Moins austère que l’andalou, notre désert navarrais se distingue par l’incroyable profusion de ses paysages d’érosion, répartis sur 42 500 hectares de superficie. 

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Le printemps, comme au mois de mai, où nous y sommes allés, est la période idéale pour parcourir les pistes du désert.  En plein été, la dernière fois, nous avions eu jusqu'à 45°, au soleil, sans un arbre pour nous abriter. 

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On a assisté, en cette saison du printemps, à un éveil somptueux de la nature. Les plaines et les collines se couvrent de verdure et de nombreuses variétés de fleurs apparaissent comme par enchantement. Cette terre se montre alors incroyablement fertile, parfois même à seulement quelques centaines de mètres de l’aride désert navarrais.

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Le printemps est aussi propice à la reproduction et aux naissances animales, la faune se montre donc moins farouche, et il est fréquent de croiser, ici et là, quelques renards, sangliers, lièvres, blaireaux et autres habitants des lieux. En levant les yeux vers le ciel, il est possible de découvrir une multitude d'espèces d'oiseaux, et de rapaces.

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Malheureusement, la sécheresse persistante que connait le désert des Bardenas, depuis quelques années, surtout en période estivale, a contraint les responsables du Parc Naturel, à construire en 2016, des kilomètres de pipeline, connectés directement aux abreuvoirs des districts depuis le grand lac d’el Ferial, pour assurer l'approvisionnement en eau du bétail ovin. Ces pipelines ont été enfuis sous terre afin de conserver l’aspect esthétique naturel et sauvage des Bardenas.

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Je tenais à vous parler, plus en détail d'une tradition, ancestrale, qui date du moyen âge : Chaque année, le 18 septembre, des brebis voyagent jusqu’aux Bardenas Reales, soit plus de 180 km, à pied, pendant une semaine, où verront le jour des milliers d’agneau à la chaire si tendre.

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Ces brebis, venues des vallées pyrénéennes de Roncal et Salazar, viennent de passer près de six mois dans les estives.Trois heures après l’arrivée des premiers troupeaux, dans le désert de Bardenas, la mélodie des sonnailles s’évapore peu à peu. Ne restent que ces taches blanches mouvantes, au loin, qui suivent fidèlement deux âmes égarées : le berger et son chien. 

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Ces brebis vont maintenant, brouter, dans le désert de Bardenas, jusqu’au mois de mai, preuve qu’il n’y a pas que du sable à déguster dans ce désert poussiéreux.  

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Les bêtes se nourrissent sur les champs récoltés par les agriculteurs locaux. Elles commencent par le nord, dans les "Bardenas negras" avec le blé et finissent la saison au sud, dans les "Bardenas blancas" avec la luzerne. Leur traversée du désert va durer 6 mois. La remontée vers les sommets pyrénéens se fait au mois de mai.

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Les bergers des Bardenas vivent dans des conditions très précaires. Ils sont seuls au monde, une vraie vie de moine ! Mais cette tradition est en train de disparaître peu à peu, malheureusement, au profit des cultures, plus rentables.

DSC_4729Abris de berger près de Castildeterra.

On comprend pourquoi. Qui voudrait vivre six mois de l'année, dans la montagne et enchaîner, les six autres mois, de l'année, en plein désert, et seul au monde ? 

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DSC_4708Abris de berger.

Il faut remonter jusqu’en 882, pour comprendre cette drôle de tradition. À cette date, en pleine conquête musulmane, le roi octroya ce privilège aux bergers navarrais, pour s’assurer de leur fidélité. Et depuis cette tradition perdure de nos jours encore.

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L'érosion des sols, riches en argile, en gypse et en grès a modelé des formes capricieuses qui vous transportent dans un univers quasi lunaire. 

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Notre arrêt, suivant, sera pour le monument naturel, et symbole, le plus représentatif des Bardenas Reales, appelé « Castildeterra », (château de terre). 

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Nous sommes admiratifs, devant cette cheminée de fée, véritable curiosité géologique, qui semble symboliser à elle seule l'étendue du désert. Contents de pouvoir encore l'admirer, après notre dernier passage de 2007.

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En 2004, une opération d’urgence, a permis le colmatage de fissures qui auraient rapidement mis un terme à l’existence du Castildetierra. Ce problème réglé, la durée de vie du Castildetierra, de 30 m de hauteur, n’en demeure pas moins limitée à environ 40 ans. 

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Fragile et particulièrement sensible à l’érosion, cette admirable formation géologique ne sera probablement plus qu’un souvenir en l’an 2050. C'est une œuvre qui se contemple à distance, des barrières en interdisent le  passage.

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Beaucoup de personnes semblent, juste se contenter d’un simple arrêt sur le parking, situé au pied de cette curiosité géologique…

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Dommage ! La diversité des paysages est surprenante ; steppes, roches façonnées par l’érosion,  collines tabulaires, ravins ruiniformes  et les nombreuses cheminées de fée, évoquent les déserts mythiques de l'Ouest américain, et donnent au site un air de « Monument Valley ». Un vrai décor de western, d'où on s'attend à voir débarquer Clint Eastwood chevauchant un cheval, chapeau de cow-boy sur la tête et revolver à la main.

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Le paysage fut jadis le paradis des crocodiles et des tortues. C’est aujourd'hui, le royaume de nombreux rapaces : aigles, vautours, hiboux, outardes barbues, ainsi que des renards, et chats sauvages…

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Nous parcourons, maintenant, la piste qui faite le tour du polygone de tir, crée en 1951, dans les Bardenas Blancas. C’est une zone militaire, utilisée comme centre d’entrainement pour l’Armée Espagnole. C'est là que l'aviation espagnole s'entraine à tirer sur des carcasses de chars ou d'avions. 

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En y passant à proximité, il est interdit de s'y arrêter devant, ou de pénétrer sur la zone balisée, sous peine de gros problème ! On ne peut penser sérieusement que les militaires puissent quitter un jour les Bardenas : le territoire est très vaste, désertique, et les conditions météorologiques sont globalement excellentes (il s'agit de l'une des régions les plus ensoleillées de la péninsule ibérique).

DSC_4686Polygone de tir.

De plus, il n'existe aucun autre champ de tir aérien en Espagne, et celui des Bardenas Reales est l'un des meilleurs dont l'OTAN puisse disposer en Europe. Autre atout d'importance : la proximité de la Base Aérienne de Saragosse. On remarque depuis quelques mois que le ministère de la défense espagnole ne cesse de souligner que la présence militaire dans les Bardenas est un gage de préservation du milieu naturel : « le polygone de tir et de bombardement étant une zone interdite d’accès, la protection de la faune et de la flore y est assurée ». 

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Les écologistes, pas dupes, rappellent que rien n’est plus polluant que des explosifs et que depuis 1951 ce sont des milliers de bombes qui ont explosé dans l’enceinte du polygone. L’abandon du site devra donner lieu à un démantèlement total des installations militaires.

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Le désert de Bardenas n'a pas toujours été le havre de paix qu'il est aujourd'hui. En effet, il ne faut pas oublier que pendant la guerre civile espagnole, c'est dans les nombreux barrancos (ravins), des Bardenas que les franquistes fusillaient les républicains. On peut y faire de dangereuse découvertes, dans ces ravins, comme des obus, qui n'ont pas explosé, et qui datent de cette époque. 

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Véritable délire de la nature, le désert de Bardenas Reales, tranche totalement avec les paysages que l’on a pour habitude de voir dans le nord de l’Espagne. Nous profitons encore de quelques jolies vues sur la Blanca Baja, zone emblématique des Bardenas Reales, avant de regagner la piste carrossable.

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Il s’agit d’un territoire, idyllique, dans lequel l’impression de calme et de sérénité est des plus réelles ! En ces lieux, les amoureux de la nature seront comblés par l’exceptionnelle beauté des paysages !

Connaissez vous ce désert, surprenant, si oui quelles ont été vos impressions ! Merci d'avance pour vos commentaires, à bientôt pour la suite de notre road-trip en Espagne du Nord.

 

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31 mai 2018

Bardenas : Blanca Alta

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Après une nuit, reposante, au monastère de Oliva, nous abordons, de nouveau le désert de Badernas, mais par son accès situé au nord : El Paso. 

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A la frontière de l’Aragon, ce territoire semi-désertique, et vide d’habitants, surgit comme une anomalie géologique : falaises blanches décharnées, cônes d’éboulis, étendues rases de cailloux, canyons secs… 

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En route pour un dépaysement garanti !

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En arrivant à "El Paso",  par une petite route aussi étroite que tortueuse, on est immédiatement saisi par l'impression étrange d'avoir changé de continent. 

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50 km de piste, nous attendent pour faire la traversée, du nord au sud, du désert de Bardenas RealesLa porte d’entrée, d'El Paso, symbolisée par sa statue, érigée à la gloire des bergers, nous mène à Bardena Blanca Alta.

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C'est de cet endroit que débute la fête de la transhumance en mai, lorsque les troupeaux partent vers les estives pyrénéennes. En septembre, retour destroupeaux ovins, depuis des temps immémoriaux.

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Les bergers des vallées pyrénéennes de Roncal et de Salazar conduisent leurs brebis dans les Bardenas afin qu’elles y passent l’hiver dans des conditions moins rudes qu’en montagne. Si la majorité des bêtes est acheminée par camion, l'entrée traditionnelle a toujours lieu avec quelques milliers de brebis.

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Au total se sont pas moins de 56.000 brebis qui passeront l'hiver dans les Bardenas. Le chiffre est impressionnant, mais nous sommes malgré tout bien loin des 300.000 brebis comptabilisées, chaque année, durant le moyen-âge ! Tous les troupeaux ne viennent pas forcément des Pyrénées, beaucoup proviennent d'élevages du sud de la Navarre. 

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Nous sommes surpris par la diversité des paysages : steppes semi-désertiques, falaises abruptes et canyons. Nous restons sans voix devant ce spectacle de la nature !

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Amphibies et reptiles s'ébattent au milieu de buissons, marais salants et champs d'alfa.

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Entre Navarre et Aragon, cette vaste étendue steppique, de 43 km2, est née il y a 38 millions d'années.

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Ce décor fascinant à la beauté sauvage est classé Réserve de la Biosphère, par l'UNESCO. 

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L'érosion des sols, riches en argile, en gypse et en grès, a modelé des formes capricieuses qui vous transportent dans un univers quasi lunaire !

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Nous nous dirigerons, ensuite, plus au sud, vers Bardenas Blanca Alta, sous un soleil déjà très chaud, pour un mois de mai (32°).

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Plus de 100 km de pistes sont possibles, en véhicules motorisés, nous offrant un éventail représentatif des paysages de ce désert.

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Nous en prendrons plein les yeux, mais difficile toutefois d'y rouler à plus de 30 km/h, sur ces pistes non goudronnées. Attention, aussi, pendant les jours pluvieux, (au printemps et à l'automne), les pistes sont impraticablse, au risque de rester embourbé. 

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Le principal piège, dû aux pluies, est la boue, les sols des Bardenas étant principalement constitués de marne, une terre argileuse et collante. Ainsi, que l’on soit à pied, à VTT, à moto, ou en véhicule motorisé (4x4 inclus), circuler sur de l'argile trempé peut rapidement devenir un véritable calvaire. La progression peut même devenir impossible, voire périlleuse si le terrain est en pente !

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Plus loin apparaissent de vastes plaines, ponctuées de quelques étangs égarés, sont de véritables oasis de verdure et de vie, plus proche du désert africain, que du nord de l'Espagne. Ils nous révélent une faune et une flore insoupçonnées.

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Les montagnes pyrénéennes, si proches, se sont peu à peu effacées pour laisser place à de vastes étendues de terres arides et inhospitalières.  Ici le dépaysement est garanti, l'étonnement permanent et la curiosité inévitable ! 

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Les Bardenas ont des allures de Nevada, et les Indiens sont ici des bergers, qui gardent l’hiver d’immenses troupeaux de moutons. 

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Des petits plans d’eau nommés "balsas" ont été aménagés ici et là, dans les Bardenas, soit en profitant d’une dépression naturel du terrain, soit en creusant directement les sols. 

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Ils étaient ensuite bien souvent cerclés d’une petite digue de terre, afin de contenir durablement les eaux issues des pluies. Ainsi, les bergers bardeneros pouvaient conduire leurs brebis vers ces abreuvoirs durant toute l’année, et tout particulièrement durant les saisons sèches.

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Ces points d’eau font parti du charme des Bardenas et s’intègrent parfaitement dans le paysage. L’intégration est telle que des plantes lacustres y prospèrent et de nombreux animaux domestiques ou sauvages viennent s’y abreuver.

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Législation du Parc Naturel des Bardenas :

Sont interdits dans le parc naturel des Bardenas Reales :

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- Le bivouac / stationnement / camping-car en dehors des heures d'accès légales au parc.
- Les chiens en liberté.

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- Le hors-piste aux véhicules motorisés.
- D'entrer dans la zone militaire (danger de mort).

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- Feux de camp et les dépôts d’ordures.
- L’accès aux Bardenas Reales est autorisé de 8h à une heure avant le coucher du soleil.

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- Respecter le balisage des pistes (Certaines sont interdites aux véhicules, aux VTT, etc..).
- Respect de la faune/flore/mineraux comme dans tous espaces naturels protégés.
- La vitesse maximale autorisée est de 40 km/h.

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Attention :
- Certaines zones sont désormais temporairement interdites une bonne partie de l'année (de Février à Octobre) afin de respecter la tranquilité des rapaces nichants dans le secteur. Sont concernés les zones de : Pisquerra - Rallon - Ralla - Gorra - Zapata.

Merci d'avance pour vos commentaires, c'est toujours un encouragement. Si vous souhaitez, aussi, plus de précisions n'hésitez pas, je me ferai un plaisir de vous répondre !

Suite : Bardenas : Blanca Baja

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30 mai 2018

Bardenas : El Plano

Vacances en Espagne : le samedi 5 mai

Bardena El Plano :

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C'est maintenant du côté du nord, des Bardenas, que notre périple va nous mener, dans Bardena El Plano.

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Nous descendrons, ensuite, par la partie sud, dans la Bardena Blanca (la partie la plus typique du désert : prochains articles).

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El Plano, un petit plateau dont la surface du sol est presque complètement plate, d'où l'abondance de parcs éoliens.

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 La terre se distingue des autres zones, du fait de la présence de la rivière Aragón.

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Dans El Plano, les paysages y sont sans doute moins désertiques, que dans la vaste dépression de la Blanca Baja, mais restent particulièrement intéressants à parcourir.

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On est ici au milieu d'un secteur agricole, avec des terres alluviales, celles du bassin de la rivière Aragon. 

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J'apprécie la vue de ces vallons qui se succèdent, avec ces quelques collines, un paysage tout en rondeur et en courbes.

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Le graphisme de ce paysage est vraiment photogénique : des lignes incurvées qui épousent le relief, mais aussi des lignes parfaitement droites. Là des parcelles labourées et ici des oliveraies. Les traces du travail des cultivateurs, plutôt verticales, contrastent avec les strates horizontales que l'on voit en arrière-plan.

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En attendant la canicule et la sècheresse de l'été, le printemps a transformé notre petit désert, navarrais, en un éden verdoyant. L'abondante végétation, riche et gorgée d'eau, confère aux paysages des aspects étonnants et d'une grande beauté !

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 On peut y voir quelques cabanes et enclos, pour les moutons.

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Il ne reste qu'un seul berger qui fait la transhumance pour nourrir ses bêtes (il est le seul à continuer à faire la transhumance à pied avec ses bêtes et à dormir sur place).

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 IL vit ici à l’année, en vrai Robinson du désert.

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Il descend l'hiver et parcourt 90 km du nord "El Roncal", jusqu'aux Bardenas.

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En voyant toutes ces cultures bien vertes en bord de désert, mon esprit curieux ne manque de se poser une question : les pluies sont rares dans la région, alors d'où vient l'eau d'arrosage, de ces cultures gourmandes en eau ?

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La réponse ? On la voit, quelques centaines de mètres plus loin, une étendue d'eau conséquente, résultat d'une retenue par le barrage El Ferial.

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De quoi étancher la soif de tous les habitants de cette contrée aride, des hommes aux animaux d'élevage, en passant par les cultures.

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Le désert de Bardenas est ouvert dès 8h00 du matin et jusqu’une heure avant le coucher du soleil. Concernant la nuit, il est interdit de rester dormir à l’intérieur du parc. Nous passerons une nuit, tranquille, au monastère de Oliva, au nord du barrage El Ferial, en compagnie d'un camping car hollandais.

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Suite : Bardena Blanca Alta

 

 

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Ermitage notre Dame de Yugo : Bardena Blanca

Vacances en Espagne : samedi 5 mai 2018

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Avant de traverser la piste du désert de Bardena Blanca, nous faisons une escale à l'ermitage de Notre Dame de Yugo (Nuestra Señora de Yugo). Ce lieu emblématique, est situé sur les hauteurs del Cuerno, en Navarre, à quatre kilomètres au nord d'Arguedas en Navarre.

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Edifié au début du XVIIe siècle, ce sanctuaire est situé sur le belvédère de la Ribera, à 477 mètres d'altitude. Il domine la plaine de la Bardena Blanca, et les Pyrénées, d'un côté et  la Ribera del Ebro de l'autre, avec des vues spectaculaires des deux côtés.

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Un belvédère, avec une plate-forme, construite en bois, a été aménagé, nous permet de contempler le paysage.

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DSC_4446Photos prises du belvédère.

Ses  liens étroits avec les Bardenas, proviennent du fait que l'ermitage a été le lieu de réunion des "Juntas de Bardenas", entre 1820 et 1858.

DSC_4447Photos prises du belvédère.

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Plus qu'un ermitage, c'est un sanctuaire et les habitants de la région y viennent, pour de nombreux pèlerinages, afin d'y honorer l'apparition de la Vierge, à un paysan boiteux.

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La légende raconte qu'un fermier, au XIe s., boiteux depuis sa naissance, labourait au sommet d'une montagnes. À midi, il s'arrêta pour manger et lâcher le joug des bœufs, laissant le joug sur un pin. Quand il fut prêt à reprendre le travail, il découvrit, avec surprise, qu'une image de la Vierge était apparue sur le joug et il se prosterna devant elle. 

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Iil est descendu, ensuite, au village pour raconter ce qui s'était passé, mais les gens ne le croyaient et se moquaient même de lui, jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que le fermier avait guéri, miraculeusement, de sa jambe et ne boitait plus. Le lendemain, toute la ville se rendit à l'endroit, où se trouve aujourd'hui l'ermitage, pour vénérer l'image de la Vierge.  

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Sur le parvis extérieur se trouve une dalle, évoquant l'apparition de la Virgen del Yugo. Son appellation vient du fait que la vierge est apparue sur un joug, au paysan.

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On aurait pu voir ceci, si le sanctuaire avait été ouvert (photo prise du portail).

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Le retable doré et polychrome est de style baroque, il date de 1660 et son auteur est inconnu. Il est dédié à la Vierge et sur la partie haute, sont représentées les armes d'Arguedas. La Vierge située au centre du retable date de la fin des années 1400.

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Elle est d'une taille unique et exceptionnelle, en Navarre, et semble être de facture française et a probablement été importée

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Nous tournons le dos à ce sanctuaire et là j'aperçois un splendide olivier ! Ce n'est pas le buisson ardent de Moïse dans la Bible, mais moi je trouve que ça lui ressemble étrangement ! 

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En plus du point de vue,  il y a des aires de pique-nique, avec barbecues, ainsi qu'une zone de loisir pour les enfants.

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Dans le voisinage de la chapelle, on trouve une auberge, où les gens de la région viennent habituellement pour déjeuner. Ce lieu est idéal, aussi, pour venir respirer les odeurs de thym, de romarin, de camomille, de lavande et de sauge...

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Après cette petite pause, nous reprenons notre piste pour traverser la Bardena Blanca.

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Merci d'avance pour vos commentaires, et si vous avez besoin de renseignements, sur le lieu, j'y répondrai volontiers ! 

Suite : Bardena Blanca

 

 

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29 mai 2018

Les troglodytes d'Arguedas


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Arguedas est un passage obligé, pour ceux qui se rendent dans les Bardenas, mais combien de touristes ont eu l’idée de visiter ce village ?

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DSC_4391Village d'Arguedas.

Très peu, c’est certain ! Pourtant, ils pourraient bien y découvrir une curiosité locale très surprenante : Les « cuevas ».

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La bourgade est blottie autour de son clocher et jouxte de hautes falaises. Il ne faut pas hésiter à aller faire un tour parmi les sentiers qui longent ces parois abruptes. Là, persiste le témoignage des premiers habitants des lieux. 

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En effet, ces rochers sont truffés de cavités où étaient aménagées autrefois des habitations troglodytes.

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Ces habitations, ont été creusées dans la roche, et aménagées, de manière à ce qu’elles soient aussi fonctionnelles et confortables qu’une maison.

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Même si elles ne sont plus utilisées à des fins de logements, certaines d'entre elles on été entretenues : parois blanchies et aménagement spartiate, mais d'époque. On peut donc y jeter un coup d’œil et avoir ainsi un petit aperçu de cet habitat d'antan.

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Très fréquent en Andalousie, ce type d’habitat se rencontre aussi dans le sud de la Navarre et tout autour de Saragosse (principalement le long du cour de l’Ebre).

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Près des Bardenas, on trouve des habitations troglodytes, en très grand nombre, dans certains villages de l’ouest et du sud du territoire bardenero. 

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Contrairement aux « cuevas » andalouses, qui datent souvent du moyen-âge, les « cuevas » proches des Bardenas n’ont guère plus d’un siècle pour les plus anciennes. 

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En Navarre et en Aragon, elles furent habitées jusque dans les années 1960. Dans certains villages, elles pouvaient former de véritables quartiers peuplés par plusieurs dizaines de familles !

 

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Ces grottes pouvaient aussi servir d’écuries, de remises, de commerces, etc. 

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Les habitations troglodytes étaient de toutes tailles, de la plus petite qui ne comportait qu’une seule pièce, à la plus vaste, qui pouvait contenir plus d’une dizaine de pièces ! 

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Elles étaient autrefois creusées à la main avec des outils rudimentaires, mais leur conception s’avérait étonnement ingénieuse.

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Combien de temps était-il nécessaire pour creuser une « cueva » ? En matière d’habitat troglodyte la notion de temps n’existe pas, car chaque famille qui faisait creuser une « cueva » pouvait quelques années plus tard se voir dans l’obligation de l’agrandir en creusant de nouvelles pièces, et cela au fur et à mesure que la famille s’agrandissait. 

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A l’état de ruines il y a encore peu de temps, certaines « cuevas » ont été habilement restaurées et réhabilitées, notamment à Valtierra, petit village tout proche d’Arguedas.

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Alors qu'elles étaient autrefois réservées à une population assez pauvre, les « cuevas » sont aujourd’hui très recherchées pour leur originalité. Certains propriétaires se sont donc lancés dans le « troglo-tourisme » en convertissant leurs grottes en gîtes ruraux. Les grottes troglogytiques, de Valtierra, constituent le meilleur exemple de toute la région en matière de réhabilitation d’habitats troglodytes ! 

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Après cette visite, fort pationnante, nous regagnerons notre camping car dans l'aire de service, en contrebas. Nous constatons qu'il y a plus de français que d'espagnols, alors qu'il y a 10 ans nous étions le seul camping car du coin.

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28 mai 2018

Borja et ses "cuevas"

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Au sud des Bardenas, les villages de Magallon et de Borja abritent des centaines de « cuevas », grottes troglodytiques.

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Ce qui nous aura le plus marqué en arrivant, à Borja, c'est de trouver une ville médiévale, qui se trouve sur les pentes d'une colline, couronnée par les vestiges de sa forteresse, d'origine mauresque. Déjà au Moyen Âge, les musulmans s'installèrent au VIIIe siècle sur le vieux Borja, et fortifièrent le rocher du château actuel. 

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Ce qui nous aura le plus marqué en arrivant, c’est la succession de petites portes d’entrées, taillées dans terre ou dans la roche. Elles sont la plupart du temps abandonnées, du coup on n’a pas résisté, nous sommes rentrés et descendus voir. 

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La façade présente en général peu d’ouvertures, afin de maintenir les excellentes conditions thermiques de la grotte. Très souvent, il n’y a que deux trous, correspondant l’un à la porte d’accès de la pièce centrale, et l’autre à la fenêtre de la chambre. 

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La porte d’accès au logement, que l’on voit traditionnellement divisée en deux parties, permettait de maintenir fermée la partie inférieure, pour empêcher l’accès des personnes et des animaux. Par contre, la partie supérieure restait ouverte, pour l’éclairage et la ventilation naturels de l’intérieur de la grotte.

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Notez la forme très originale des cheminées d’aération. 

DSC_4247Cheminée d'aération, percée de trous.

Les cheminées, blanches, circulaires, avec un petit rebord triangulaire, permettaient d’évacuer les fumées de la cuisine et constituent un paysage singulier. Elles sont accompagnées des trous rectangulaires que forment les puits de respiration, protégés par de petits murets munis de grilles.

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On a appris que ces habitations troglodytes sont des anciennes bodegas. On y faisait le vin autrefois, avant l’arrivée de la thermorégulation des cuves.

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Ces habitations troglodytes présentaient de nombreux avantages et peu d’inconvénients : Tout d’abord, créer une « cueva » coutait moins cher que de bâtir une maison conventionnelle, ensuite il était aisé de l’agrandir lorsque le besoin s’en faisait sentir. 

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Autre détail important, la température intérieure restait stable (entre 18 et 22°c) durant toute l’année, les « cuevas » étaient donc chaudes en hiver et fraiches en été.

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Le principal inconvénient est le manque d’ouverture sur l’extérieur, car au vu du faible nombre de fenêtres pour une grotte (une ou deux), on pourrait penser que l’obscurité règne en ce lieu.

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Mais c’est sans compter sur l’ingéniosité des concepteurs de ce type d’habitat, car les fenêtres sont disposées de telle façon que l’intérieur des grottes est généralement assez lumineux, luminosité notamment accrue par la peinture blanche appliquée sur les murs intérieurs

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Suite : troglodytes d'Arguedas.

 

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Bardenas Negra

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Le lendemain, nous remontons vers le nord est pour nous rendre dans le 1er désert de Bardenas, celui de la Negra qui sert de frontière entre la Navarre et l’Aragon. (Negra : en raison d’une partie boisée de pins d'Alep). 

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Au printemps, je ne le considère pas, tout à fait, le désert de Bardena Negra comme un désert, contrairement à l'été. Grâce à un système d’irrigation, ingénieux, et suivant les saisons, le désert, par endroit, se couvre de cultures de blé et de céréales, créant un contraste assez saisissant.

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Pour accéder au sanctuaire de Sancho Abarca, il faut d’abord  monter une piste, en camping car, sur plus de 7/8 km, assez raide. Mais, avant, pause déjeuner, au midi, avec le seul arbre que nous avons trouvé dans cette immensité désertique. Il faisait, quand même, début mai, déjà 32°. L'été je ne conseille pas du tout d'aller dans cette région, où les températures avoisinent les 45°. Nous y avons été il y a 10 ans, en plein mois d'août, et sans clim., difficilement supportable !

DSC_4226Un arbre, en tout et pour tout, dans cette immensité désertique.

Après une pause, bien méritée, nous reprenons la piste, en direction du sanctuaire, perché à flanc de montagne. N'étant pas goudronnée, elle présente une chaussée quelque peu déformée, nous devons y rouler lentement, dans la montée. Lacets après lacets, la piste poussiéreuse, sinue, tourne, vire… tout en s'élevant progressivement. 

DSC_4192Sanctuaire que l'on aperçoit tout en haut de la montagne.

En conduisant sur cette piste étroite, mieux vaut ne pas trop regarder sur la gauche et ses vertigineux à-pics.

DSC_4219Piste, prise en photo, dans la montée au sanctuaire.

La montée nous réserve des vues magnifiques, à 360°. La dense pinède vous laisse quelques trouées pour admirer le paysage.

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A perte de vue s'étire la Plana Negra où les prairies et cultures semblent se disputer le territoire avec la forêt. Cette dernière paraît s'avancer sur les terres en de tentaculaires coulées vertes. 

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Le plateau de la Bardenas Negra est très contrasté : d'un côté les champs cultivés de la plaine, olivier, orge, blé, amandiers, guarrigue, et de l'autre les belles pinèdes de pins d'Alep, qui recouvrent les versants. En balayant des yeux le panorama on passe, sans s'en apercevoir, de la région de Navarre à celle d'Aragon. 

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L'arrivée au sanctuaire de  Sancho Abarca est somptueuse. Le site offre des points de vue exceptionnels sur les reliefs environnants : des Pyrénées au nord à la montagne Moncayo au sud, en passant par l’immense plaine des Cinco Villas, la vallée de l'Ebre, et les confins du plateau de la Bardena Negra, tout proche.

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Fermé depuis une bonne dizaine d’années, pour rénovation, l’hôtel de Sancho Abarca, ré-ouvre, au prix d’un investissement de 900 000 euros.

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Dans le but de promouvoir l’emploie local, c’est une famille de la bourgade de Tauste qui a été choisie pour la gestion de cet hôtel. L’hôtel de Sancho Abarca dispose de 15 chambres, d'un bar et d'un restaurant. 

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Juste à côté le sanctuaire que nous ne pourrons pas visiter, car fermé.

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Cette partie des Bardenas Negra présente des paysages variés, qui forment une synthèse de tout ce que l'on peut trouver sur le reste du territoire : steppes, champs agricoles et pinèdes, reliefs ruiniformes, tabulaires et lobulés, vastes plaines et hauts plateaux, barrancos à foison …

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A proximité des Bardenas, des éoliennes ont été implantées, un peu partout, elles font désormais partie du paysage. Depuis une dizaine d’années, les gouvernements de Navarre et d’Aragon multiplient leurs efforts dans la production d’énergies « propres », c'est-à-dire non polluantes, comme les éoliennes et les panneaux solaires multidirectionnels. 

DSC_4194;Eoliennes que nous apercevrons dans la monté, au sanctuaire.

Le vent et l’ensoleillement sont les deux grandes richesses énergétiques locales, elles ont l’avantage d’être abondantes, inépuisables et surtout très aisées à exploiter. Ainsi, sont apparus tout autour des Bardenas Reales de nombreux parcs éoliens et solaires. Posées sur leurs plateaux, ces forêts de mâts blancs, comme une armée de soldats, dominent la vallée de l'Ebre. 

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 Pas un arbre, aux alentours. Les 100 Mégawatts des 88 éoliennes de ces parcs, aux pâles géantes, et vrombissantes, alimentent une partie de la ville, de Saragosse, en électricité. Heureusement que le classement du désert à mis fin à ces implantations, sinon celui-ci ne serait plus qu’un immense parc de ces étranges moulins à vent.

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Le désert de Bardenas n’a pas toujours été désertique :

Iy a quelques années, des archéologues ont découvert, sous un tumulus, une chambre mortuaire contenant deux squelettes âgés de 4100 et 4300 ans, ainsi que de nombreuses traces de vies humaines et ossements d’animaux. Ce qui donnent à penser qu’entre 4000 et 1000 ans avant JC, les Bardenas étaient très peuplées et surtout qu’il y avait de l’eau en quantité.

Un nid fossilisé a, aussi, été trouvé en 2004, lors de travaux de réparation de la route Tudela-Ejea (nord de la Bardena Negra), suite à des inondations. Remarquablement conservé dans sa roche calcaire, ce nid fossilisé, de cinq oeufs, aurait 18 millions d’années, ce qui en fait le plus vieux jamais découvert. Le nid fossilisé est si bien conservé, que les experts pensent qu’il serait tombé dans des eaux peu profondes, puis rapidement recouvert de boue comme d’un linceul protecteur. Ces œufs appartiennent à une espèce d’oiseau aquatique proche du flamant rose.

fossile-bardenasNid fossilisé de flamants roses.

Des flamants dans les Bardenas ? Il ne faut pas s’en étonner, car durant une période s’étendant de – 5 à – 20 millions d’années notre désert n’en était pas un ! Il s’agissait d’une vaste étendue lacustre et marécageuse qui connaissait un climat subtropical. Sur les rives vivaient des animaux, qui nous paraitraient aujourd’hui bien exotiques : tortues, castors, crocodiles, hippopotames, rhinocéros, mastodontes (ancêtres des éléphants), etc. 

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L’observation de nombreux rapaces, vautours fauves, gypaète barbus, faucons et aigles entre autres, ravira les amateurs d'oiseaux. La flore également y est très présente et variée avec le pin d'Alep, le genévrier, le romarin ou le thym. Parfois, un vent venant de la Méditerranée et appelé ici «Le Bochorno», ce qui signifie chaleur, transforme le désert en étuve : (Dans les années 90, il a été enregistré jusqu'à 45°).  

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Découverte scabreuse : Il y a quelques années, 7 squelettes ont été découvert non loin de la bourgade de Fustiñana, à l’extrême sud des Bardenas. Il s’agissait de fusillés de 1936-1939. Durant la guerre civile il était courant de fusiller les condamnés au fond des barrancos (ravins), car la détonation des coups de feu se propageait alors beaucoup moins loin, … et de tels lieux étaient bien plus discrets. A l’époque, il était fréquent d’être exécuté sans motif, sans procès, et de manière quasi-immédiate. Le nombre de fusillés est estimé entre 134 000 à 190 000 pour toute l’Espagne ! Cela fait réfléchir quand même !

Merci d'avance pour vos commentaires, si vous avez des questions n'hésitez pas non plus, j'y répondrai avec grand plaisir !

Suite les troglodytes de Borja.

 

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27 mai 2018

Le monastère royal de Veruela

Vacances en Espagne : Vendredi 4 mai 2018

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L’Aragon, dans le nord-est de l’Espagne, possède de véritables havres de tranquillité, où le silence devient le meilleur compagnon. Ce sont ses monastères, construits il y a plusieurs siècles, dans des lieux empreints d’une sensation de paix éternelle. Ces lieux où résidèrent nobles et rois? ont également été des sources d’inspiration pour les poètes et écrivains. Vous voulez oublier le reste du monde ? Ici, rien n’est plus facile.

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Après avoir visité la ville de Saragosse, nous orientons notre parcours vers le Monastère cistercien de Santa María de Veruela, en Aragon, dont la construction  date de 1145. Il se situe à 15 kilomètres de Tarazona. Il a accueilli, dans son enceinte, de nombreuses nonnes, durant plusieurs siècles.

DSC_4251Les remparts du monastère.

A partir du XVIème siècle, le monastère a été peu à peu délaissé, notamment suite au désamortissement de Mendizábal en 1836, qui a consisté en la mise aux enchères publiques de nombreux édifices religieux et demeures nobles en Espagne.

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L’idée de l’Etat était de (tenter de) créer à travers le rachat de ces terres une nouvelle bourgeoisie. L’Eglise, face à la perte de ses propriétés, a menacé d’excommuniation les racheteurs, ainsi, beaucoup en ont été dissuadés et les édifices n’ayant pas été rachetés ont commencé peu à peu à tomber en ruines…

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Une fois le monastère de Veruela déserté par les nonnes, son entretien n’a donc pas été assuré continuellement. Les lieux ont servi essentiellement l’hiver pour accueillir des réfugiés et sans-abris, qui ont été contraints à cause du froid de brûler les meubles en bois qui s’y trouvaient. 

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Par la suite, le Monastère de Veruela a servi d’hospice, des familles y louant les espaces individuels situés dans la partie construite au XVIIème siècle pour loger les nonnes. Dans un état de délabrement avancé, il s’en est fallu de peu pour qu’il disparaisse mais il a fini par être occupé durant près d’un siècle par la Compagnie de Jésús, une organisation jésuite qui a commencé quelques restaurations. 

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Ce joli monastère a finalement été déclaré Monument National en 1919, et la Province de Zaragoza s’est engagée financièrement dans sa réhabilitation et sa conservation.

On commence par une jolie allée qui mène à une église abbatiale, qui oscille entre le roman et le gothique.

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La façade, très sobre, tranche avec l'intérieur très vaste et plutôt gothique. 

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Nous arrivons ensuite à un cloître magnifique, desservant les principales pièces du monastère, dont l’architecture de style gothique flamboyant, est vraiment très attrayante.  

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On y trouve à l’étage, une galerie plateresque.

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Entre les arcades, les moulures, les mystérieuses gargouilles (dont beaucoup font référence à la nature et au vin), et les jardins, on ne peut qu’être attiré par l’ambiance romantique.

 

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Dans une salle attenante, on découvre l’histoire du Monastère. Notez la chapelle plateresque, avec sa porte sculptée polychrome du 16e siècle, et la port de la sacristie de style rococo.

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15 abbés du monastère sont enterrés dans la salle capitulaire.

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Il abrite par ailleurs :

· un espace d’art contemporain 

·   . un musée du vin dédié aux vignobles locaux de Borja. Nous y achèterons de bonnes bouteilles de vin et du miel de lavande, entre autres.

 

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un. un espace-musée consacré à l’huile (une autre des grandes productions locales)

 

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L’entrée des lieux ne coûte que 1,80 €, c'est vraiment pas cher. Nous étions, malheureusement, presque seuls à faire la visite, alors que ce monastère mériterait d'être plus connu !

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Cet endroit situé en Aragón (à proximité de la Navarre) vaut vraiment le détour, à la fois pour sa beauté,  sa taille et Sa richesse. Nous  trouvons, aux alentours, des paysages surprenants, (comme le Parc de Moncayo à 2313 m d'altitude), des monuments qui sont de véritables chefs-d’œuvre, et surtout une profonde tranquillité. 

 

 

 

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Saragosse (2) : la cathédrale San Salvador

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Sur la même place, à quelques 50 mètres de la Basilique Notre Dame du Pilar, se trouve aussi une autre Cathédrale (oui, c'est incroyable, vous me direz, deux cathédrales côte à côte !) :  On l'appelle la cathédrale San Salvador.

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C'est la deuxième plus grande église dans la ville, et comme la Cathédrale Basilique du Pilar, elle a été construite sur la Place du Pilar. Elle a toujours été le centre religieux de la ville, depuis l'époque romaine. 

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Cet édifice fut tour à tour un temple romain, une église wisigothe, une mosquée, puis, finalement, une cathédrale chrétienne. En elle se mélangent donc plusieurs courants artistiques : roman, mudéjar, gothique, Renaissance et baroque.

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Également appelée "La Seo", la cathédrale est célèbre pour sa tour baroque, pour sa façade néoclassique, et surtout pour le mur mudéjar, de la « parroquieta » dont la décoration est faite de briques en céramique, émaillée, et de décors géométriques. C'est un véritable joyau mudéjar, d'influence arabe !

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Le Retablo del Altar Mayor, de style gothique, consacré au Saint-Sauveur, est fait d'alabastre. Dans la salle capitulaire, se trouve le Museo de Tapices qui rassemble une intéressante collection de tapisseries allant du XVe jusqu`au XVIIIe siècle.

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La visite coûte 2,50 euros et ses horaires sont disponibles à l'office du tourisme, car c'est l'un des endroits les plus visités de la ville.

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Pour ceux que cela intéresse, il y a tout de même 16 églises dans Saragosse, de quoi bien occuper ses journées !

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La place du Pilar est la place centrale de Saragosse.

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Elle se trouve non loin du fleuve Ebre, et c´est de là que la ville ancienne a commencé à se construire, autour des deux centres religieux importants, la Cathédrale-Basilique Notre Dame du Pilar, et la cathédral San Salvador (ou la Seo).

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On trouve également sur cette place : la Lonja (bourse du commerce).  Elle fut construite au XVI, à la demande de Don Hernando de Aragón, suivant un projet de Juan de Sariñena. Il prétendait doter la ville d'un lieu public civil, où les marchands puissent effectuer leurs transactions commerciales, sans avoir recours pour cela à la cathédrale et aux églises.

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Le bâtiment, de forme rectangulaire, de style mudéjar, fut construit en briques. Il sert aujourd'hui de salle d'exposition pour la mairie de Saragosse.

DSC_5084 Les figurines colorées dans les corniches représentent les rois d'Aragon.

La place du Pilar est une place qui surprend par sa taille, et elle est heureusement piétonne. On est tranquille pour la visiter sans se soucier du trafic, on peut s´y asseoir, pour prendre le soleil, tout en admirant les monuments. Elle est bien plus calme que la partie moderne de la ville, grouillante de monde. Pratiquement déserte, en plein après-midi, il ne faut pas oublier que la sieste c'est sacré en Espagne. (comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessous). Il en est tout autrement au soir, où tout le monde commence à profiter de la fraîcheur du soir. 

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En Espagne, les gens aiment prendre un verre, bavarder et passer de longs moments dans les bars, dès dix heures du soir, et jusqu’à une heure avancée de la nuit. Au printemps et en été, la clémence des températures est propice à l’installation des nombreuses terrasses proposées par la plupart des établissements, où il fait bon prendre un verre à l’air libre.

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Saragosse, sous la domination musulmane, était la capitale d´un royaume où l'art, la musique et les sciences étaient au centre de la vie.

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Vivante et extravagante comme son enfant chéri, Francisco de Goya, dont l'art est ici omniprésent, la capitale de l'Aragon recèle bien des charmes.  

DSC_5058Statue de Goya en arrière-plan.

Les témoignages de son art hantent toute la province, d'une modeste chapelle à un ancien collège de jésuites, en passant par un ermitage. A Saragosse même, un musée porte son nom et l'imposante basilique du Pilar s'enorgueillit de coupoles et de pendentifs décorés par ses soins. Dans la photo ci-dessous, la statue du peintre et graveur, Aragonais Francisco de Goya, dominant la place du Pilar, qui  prend la pose avec nonchalance,

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Ne pas manquer la statue de bronze de l'empereur Auguste, qui se trouve près de la section du mur toujours existante. Offerte, à Saragosse, par le gouvernement italien en 1940, la statue est une réplique de bronze d'un original qui se trouve au Vatican. 

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DSC_5016Statue de de bronze de l'empereur Auguste. 

La muraille, en pierres d'albâtre, fut construite entre le Ier siècle et le IIIème siècle, fut construite dans la colonie romaine de Caesaraugusta (aujourd'hui Saragosse).  Les travaux débutèrent sous le règne de Tibère et lorsqu'ils s'achevèrent la muraille romaine de Saragosse atteignait une longueur de 3 000 mètres et avait environ 120 tours de défense. Autrefois, le mur s'élevait à une hauteur de 10 mètres et atteignait une épaisseur de 7 mètres à de nombreux endroits.  Aujourd'hui, ont été conservé deux tranches : la plus longue, environ 80 mètres de long. 

DSC_5014Muraille romaine.

Je crois que ce qui m'a séduite, c'est la richesse culturelle de la ville, un mélange architectural mêlant des styles et des époques différentes, le poids d'une histoire extrêmement riche, un regard tourné vers le futur et la joie si méditerranéenne de vivre à l'extérieur. C´est une ville de culture, et les bâtiments ont été  bien préservés, pas comme à Grenade, par exemple, où à part l´Alhambra, on ne trouve rien de l´époque mauresque.

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Cette grande ville ne se laisse pas facilement aborder, surtout en camping car ; très peu de parkings, pas facilement accessibles et libres, le problème du stationnement est une véritable épreuve, même pour les autochtones ; après plusieurs essais infructueux, nous traversons l’Ebre pour trouver enfin une place dans un parking pas très loin du centre.

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Je vous le dis tout de suite, une journée c'est trop court, mais c'est parfait pour tomber amoureux de cette jolie ville espagnole et se dire qu'on y reviendra très vite pour faire d'autres découvertes !

 Suite : monastère Veruela

 

 

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26 mai 2018

Saragosse (1) : la cathédrale Notre Dame du Pilar

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Nous poursuivons notre route sur Saragosse et ne pouvions passer sans aller visiter un joyaux de l'Art baroque, la cathédrale-Basilique de Notre dame du Pilar. Elle est l'image, phare, qui représente Saragosse, sur toutes les photos de promotion de la ville.

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Il faut dire, qu'elle est impressionnante cette basilique-cathédrale. Et elle est de toute beauté ! La basilique possède trois nefs, et plusieurs coupoles qui augmentent encore la hauteur de l´intérieur. 

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C´est là que sont enterrés la majeure partie des évêques de la ville, comme Saint Barulio, et le général Palagos, qui était au XIX siècle le gouverneur de Saragosse, le capitaine général d´Aragon, et celui qui a chassé Napoléon hors de la ville.

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C´est le temple religieux baroque le plus grand d´Espagne, elle a presque la taille d'un terrain de football : 130 mètres sur 67 mètres ! 

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Plusieurs édifices se succèderont jusqu'à l'achèvement de cette Basilique majestueuse terminée en 1961, même si la majeure partie de la construction a eu lieu entre 1681 et 1754. C'est un lieu de culte, très important, depuis la période de sa construction.

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Elle se trouve au centre du vieux quartier de la ville, et attire autant les visiteurs, que les pèlerins.

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La cathédrale est impressionnante de l´extérieur, mais également de l´intérieur.

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La construction intérieure, haute et très spacieuse fait que l´on se sent tout petit, impressionné, mais en même temps la structure est légère.

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On y conserve dans la basilique, et vénère le Pilier (Pilar en castillan) sur laquelle la Vierge Marie serait apparue à l'apôtre saint Jacques en 40 après J.-C. - Selon la légende, c´est la Vierge Marie, elle-même, aurait demandé la construction d´une chapelle à cet emplacement, qui s´est convertie, par la suite, en église, puis en cathédrale-basilique.

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Et ce pilier en albâtre, qui, toujours selon la légende, accompagnait Marie, est devenu un symbole : soutien des premiers chrétiens, et soutien de la chrétienté. Curieusement, après la venue de Marie auprès de saint Jacques, toutes les personnes qui touchaient le Pilier se convertissaient au christianisme. La mission de saint Jacques fut ainsi grandement facilitée. 

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Après la venue de la Sainte Vierge, Jacques apprit qu'il devait retourner à Jérusalem, où il mourut quelques années plus tard. Alors, les chrétiens de Saragosse voulurent récupérer ses reliques pour le vénérer. 

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Celles-ci furent acheminées par bateau, mais une grande tempête fit débarquer les reliques à un port imprévu d'Espagne : COMPOSTELLE. Leurs habitants, déjà convertis, y virent un signe providentiel et voulurent garder les reliques du Saint dans leur ville !

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Les habitants de Saragosse comme tous ceux de l’Europe durent se rendre à Compostelle pour vénérer le Saint. C’est ainsi qu’est né le pèlerinage de St Jacques de Compostelle. Et depuis, la Vierge du Pilar et saint Jacques de Compostelle sont toujours les deux piliers du christianisme hispanique.

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La vierge du Pilier est la patronne de l'humanité, et est représentée, dans la cathédrale, en forme de sculpture, sur bois doré, d'à peine 38 centimètres de hauteur. 

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Je vais maintenant vous raconter un miracle extraordinaire. Nous sommes en 1640. Un jeune homme, après un grave accident doit être amputé d'une jambe. Il alla prier Notre-Dame del Pilar, avant et après l'opération pour la remercier d’être encore en vie. Il appliqua aussi sur sa cicatrice de l’huile des lampes du sanctuaire. 

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Ne pouvant plus travailler, il devint mendiant… Et voici le miracle : deux ans et cinq mois après son amputation, après avoir prié, comme chaque soir, Notre Dame du Pilar, il s’endormit. Le lendemain matin, quand il se réveilla, il constata qu'il avait de nouveau deux jambes… Et celle qui avait repoussé était vraiment la sienne, celle dont on l’avait amputé deux ans et demi plus tôt. 

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Et voici un autre miracle, tout aussi étonnant : Pendant la guerre civile espagnole qui dura du 18 juillet 1936 au 1er avril 1939, la ville de Saragosse eut beaucoup à souffrir. En particulier, les communistes qui souhaitaient particulièrement détruire la basilique du Pilier envoyèrent à plusieurs reprises des bombes sur elle. Très curieusement, ces obus n'explosèrent jamais; on peut encore les voir intacts, placés en hauteur sur les colonnes intérieures de la basilique, comme un défi perdu d'avance, des hommes devant la puissance de Dieu.

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Suite : la cathédrale de San Salvador

 

 

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25 mai 2018

Sanctuaire de Notre Dame de la Sabine

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Cette longue route, rectiligne, nous fait traverser la sierra de Alcubierre, qui s'étend à perte de vue. 

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L'eau et le vent ont formé un paysage : de collines, de petits reliefs tabulaires, parfois de zones plates de lagunes, de ravins  et de vallées typiques. On a du mal à croire que cette région montagneuse était, autrefois, peuplée de forêts luxuriantes, principalement de genevriers anciens, de chênes verts, d'arbousiers ou de genévriers. Tous ces arbres ont malheureusement été taillés,  pour la construction des navires de l'Armada Invincible, entre autres. Nom de la flotte d'invasion armée espagnole, (130 navires), pour la conquête de l'Angleterre, en 1588.

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Nous continuons jusqu’au village de Farlete, à moins de 30 km de Saragosse, pour voir, sur une petite hauteur, le sanctuaire de Notre Dame de la Sabine, perdu au milieu d'un océan de blé et de montagnes désertiques.

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Nous découvrons les charmes de ce sanctuaire, quise découpe à l'horizon, dont le père Ramon est d'origine française.

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Sa construction est faite de briques, de maçonnerie en pierre et de plâtre de mortier, entre autres.

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L'ermitage est fermé, mais grâce à deux petits portillons, dans la porte d'entrée, nous  pourrons apercevoir l'intérieur, qui est de toute beauté.   Nous ne voyons pas les peintures de Fray Manuel Bayeu, car l'église est fermée. 

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Son origine remonte au XIIIème siècle mais une grande partie de l' édifice actuel a été construite au XVIIème siècle.

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Nous nous contentons, donc, d’une visite extérieure en admirant les beaux rosiers parfumés, qui ressortent dans le bleu du ciel...

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...et de beaux lauriers roses, en fleur, qui ornent les alentours de l’ermitage. 

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De jolis fleurs mauves, égayent, aussi, le paysage. Quel contraste de couleurs avec, en arrière plan, la partie désertique, ocre, des Monts Alcubierre.

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Devant l'ermitage, ce sont des griffes de sorcière, de couleur jaune, que nous aurons la chance d'admirer. 

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La floraison commence en mai, et se termine en octobre. Durant cette période apparaissent de grosses fleurs, aux pétales mauves ou jaunes, l'occasion de faire de un peu de macro.

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Les feuilles sont charnues et ce terminent en pointe, d'où le nom "griffe de sorcière". Cette plante, inattendue, perdue au milieu de ces étendues désertiques, de la Sierra de Alcubierre, est du plus bel effet !

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Le vent souffle fort ce qui  n'est pas très agréable. Le sol argileux, est déjà craquelé, début mai, par la sécheresse qui s'abat, dans la région. 

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À la droite du Sanctuaire, un chemin indique l’ermitage et les grottes de San Caprasio, situés à 834 m d'altitude, le point culminant de la Sierra de Alcubierre. 

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Ce sont des grottes creusées dans la roche, actuellement utilisées comme ermitage,  où il est possible de pratiquer la méditation. Ces grottes ont été restaurées par la Confrérie de Jésus et sont un refuge pour les promeneurs.

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C'est un paysage austère, un royaume dans le désert, inhospitalier, désolé, mais immensément beau. Le sol de la steppe est stratifié par des couches de marnes, de calcaire et de gypse, un lieu idéal pour les amoureux de la nature.

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Point stratégique pendant la guerre civile espagnole, ses montagnes sont pleines de tranchées, de cachettes et de grottes, que nous découvrons au fur et à mesure de notre balade pédestre. 

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Pour résumer rapidement : Cette guerre civile, est un conflit qui opposa le camp des « nationalistes » à celui des « républicains ». Elle se déroula de juillet 1936 à avril 1939 et s’acheva par la défaite des républicains et l’établissement de la dictature de Francisco Franco, qui conserva le pouvoir absolu jusqu’à sa mort en 1975.

Un exemple frapant : Dans la province de Saragosse, en plein cœur de l’Aragon, se trouve un petit village en ruine, Belchite, symbole de la guerre civile espagnole, où le temps s’est arrêté, au lendemain des affrontements extrêmement violents, de septembre 1937, qui s’y déroulèrent.

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Nous nous sommes rendus, dans ce village, en juillet 2007, quelques jours après notre périple dans le Désert de Bardenas Reales. Je peux vous dire que l'émotion était au rendez-vous, ce jour-là, même encore maintenant quand je regarde nos anciennes photos, je ne peux m'empêcher d'avoir un petit pincement au coeur en voyant ce village fantôme, totalement en ruine.

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On peut apercevoir, au milieu d’un paysage sévère de plaines et de steppes brunes, la silhouette fantomatique et délabrée d’un clocher qui se dresse au-dessus d’un décor apocalyptique : des maisons en ruine, des façades éventrées et des rues qui se perdent parmi les décombres.

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Ce sont les restes de l’ancien village de Belchite qui fut le théâtre, durant la guerre civile Espagnole, de combats qui firent, dit-on, près de 6000 morts. Aujourd’hui, la mémoire blessée des habitants se perd dans les ruines de l’ancien village qui fut le théâtre de très violents combats. 

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Le visiter permet de se plonger dans une Espagne terrifiée, mais également d’admirer, aussi, les magnifiques sculptures ornementales des bâtiments religieux que les bombes ont exposées aux cieux.

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Nous ne sommes plus ici dans le simple tourisme, mais dans un lieu de mémoire, dont l'ambiance tragique et déchirée, me font penser au village en ruine d'Oradour sur Glane, en France.

 

 

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La Sierra de Alcubierre

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Le territoire des Monégros, qui compte 8 habitants au kilomètre carré,  est coupé en deux par la Sierra de Alcubierre.

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Cet impressionnant paysage est en grande partie du à la conséquence de l’action humaine tout au long de millénaires.

DSC_5160Champs d'amandiers. 

Ibères, Romains, Visigoths, Arabes sont autant de civilisations qui s’y sont succédé et qui y ont imprimé leur trace ; de nombreux gisements archéologiques en témoignent. La fouille d'une vieille ville musulmane, à Marcén (Monégros), a révélé la présence d'un peuplement andalous, important, associé à un vaste habitat, une mosquée et une culture matérielle abondante. 

Marcen site Las SillasLe site musulman de Las Sillas (Marcén).

Ce site musulman a été édifié, vers le milieu du Xe siècle, et occupé sans interruption, jusqu’au moment de la reconquête, sous le règne du roi Pierre Ierd’Aragon (1094-1104).

Marcen site Las Sillas2 Le site musulman de Las Sillas (Marcén).

Ce paysage, de la Sierra de Alcubierre, très singulier, est composé par une mosaïque de steppes, salines, ravines, lagunes, collines et champs de blé. 

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Souvent, les seuls arbres présents sur des milliers d’hectares sont des genévriers thurifères complètement isolés ; et les aigles royaux trouvent le moyen d’y nicher, là, sur cet arbre solitaire dans un océan minéral et aride.

DSC_5179 genévriers thurifères

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Notre route est faite de longues lignes droites, bordées de genêts, soumis au vent, tout comme les céréales et amandiers, qui poussent dans les champs. 

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La terre semble bien sèche et aride, même en ce mois de mai.

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Cette immensité sauvage, de solitude et de silence,  est  juste animé par le vent, el cierzo. (vent fort du Sahara).

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Nous croisons plusieurs troupeaux de moutons en transhumance avec leur berger. Ils sont souvent accompagnés de quelques chèvres ou bien d'un âne. 

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Quelques rares mares dispersées, très prisées par les bergers et leurs troupeaux, représentent de véritables oasis pour la faune sauvage.

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Au nord, on trouve des champs irrigués de blé et d’orge. C’est  sur ces terres de craie et de limon que  se concentrent le plus de villages.

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Le sud, plus désertique, présente une saline qui offre des champs de luzerne.

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De nombreuses éoliennes jalonnent notre parcours, avec toujours ces jolis coquelicots que décorent les bordures des routes.

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Zone d’hivernage pour les oiseaux nichant dans le nord de l’Europe, zone de reproduction pour un grand nombre d’oiseaux en provenance d’Afrique. C'est une zone de transition des grandes migrations entre l’Europe et l’Afrique, à travers le détroit de Gibraltar. Mais c'est aussi et surtout, l'habitat permanent des oiseaux de la steppe : c'est une région privilégiée pour la faune aviaire et un paradis pour les ornithologues. 

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Même si  l’espèce la plus notoire de cette région est la grande outarde, imposante par sa grande taille (c’est l’oiseau le plus lourd capable de voler !)...

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... la vraie vedette est le petit Sirli de Dupont, dont l’aire de distribution est réduite à cette seule région de l’Europe et un mince territoire dans le Maghreb.

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Ici, on retrouve l’Espagne d’autrefois, celle des vieilles maisons en briques séchées et enduites de chaux ou de terre.

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Un peu plus loin, la route nous conduit sur une ligne de front de la guerre civile espagnole. La Sierra de Alcubierre est aussi connu pour avoir été une des régions espagnoles où eurent lieu la plupart des combats entre franquistes et républicains pendant la guerre civile de 1936. 

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Le  site est appelé Ruta Orwelle, car l’écrivain britannique George Orwell a participé quelques temps, du côté Républicain, à cette guerre qu’il a relatée dans "Hommage à la Catalogne". Sur le Mont Irazo, nous comprenons la position stratégique du lieu.

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Sur place, on peut voir une reconstitution des tranchées, des refuges et des postes d'observation de la Guerre Civile. 

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Les explications et la topographie rendent bien compte, de ce qu'ont dû être les combats pendant cette guerre civile.

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Rien ne manque à ces paysages d’un autre monde, tout y est, du vol incessant des vautours, aux haciendas, (grandes exploitations agricoles)...

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...aux touffes d’alfa, qui roulent dans la poussière, sous les tourbillons du vent… 

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Un paysage de Far-West où les châteaux de terre, les falaises et canyons (barrancos), font légende.

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Comme happés par le temps qui passe, La Sierra de Alcubierre continura de se transformer même si tout semble en suspens ici… 

Suite : Ermitage Fariete

 

 

 

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24 mai 2018

Los Monégros (2)

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Dans le désert de los Monégros, nous ferons une randonnée, de toute beauté, au milieu de ces étonnantes formations rocheuses, de grès, faites de cheminées de fées, d’aiguilles, collines tabulaires, ravins ruiniformes... 

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... un paysage vide de toute présence humaine, digne d'un décor de "far-west",  nous  donnant l'illusion et le parfum de l'aventure !

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Nous cheminons sur une piste, qui s'envole vers l'infini, suivie d'un nuage de poussière. Nous sommes subjugués par la beauté du paysage ! 

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Même nos trois chiens semblent apprécier cette liberté retrouvée.

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Nous nous trouvons, rapidement, au milieu de nulle part, dans un lieu où le temps semble arrêté !

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Notre camping-car semble une goutte d'eau, perdue dans cette grande étendue, dans le silence qui règne sur ces immensités. 

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Cela me fait un peu penser à la région des Causses, en plus pauvre, en plus nu, en moins plat. Un endroit où nous sommes vite seuls au monde, au milieu d'un lieu fascinant !

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Ce paysage désertique est le résultat d'une érosion intense, façonnant toutes sortes de reliefs et de sculptures, favorisant ainsi l'émergence de petites gorges et de défilés.

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Nous découvrons, lors de notre balade des formations rocheuses de grès, en forme de tour, qui s’érodent sous l'impact de la pluie et du vent. 

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DSC_4114Photo prise au même endroit il y a une dizaine d'années avec ma fille et notre labrador.

Ces cimes isolées et souvent énormes, défient le temps avec leur incroyable verticalité.

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Leurs origines remontent à l'époque Miocène. Quelques 40 millions d’années en arrière, l’émergence des Pyrénées a fini par donner naissance à Los Monegros. Au fil des siècles, les monts se sont érodés laissant la place à la vallée de l’Ebre. 

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Ce labyrinthe de roches, aux formes imposantes et extraordinaires, est une belle surprise à parcourir à pied.

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S'y promener, c'est regarder aussi bien en haut qu'en bas, c'est flâner dans des sillons sinueux, c'est admirer l'équilibre de ces rochers suspendus, et s'étonner de cette végétation (steppe de brousaille), présente sur un sol aussi peu fertile... Même un figuier semble s'obstiner à vouloir pousser dans les fissures de la roche.

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...c'est sentir le thym et le romarin enivrants, c'est se balader au milieu de figures minérales, c'est écouter le vent faire son travail d’érosion …c'est être dans un autre monde !

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Avec un  climat sec et aride, le désert de Monégros souffre fréquemment d'une sécheresse chronique. Ses précipitations atteignent à peine 400 mm par an, le vent balaie les terres, ce qui explique la grande érosion. C'est la région la plus chaude et la plus aride du nord de l'Espagne avec le désert de Bardenas Reales.

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L'Aragon est une terre de contrastes climatiques, sa topographie irrégulière donne lieu à une grande variété de microclimats.

DSC_4112Belvédère qui permet d'admirer la vue de ces formations rocheuses.

Le peu de précipitations, et un ensoleillement surabondant, sont les deux éléments qui obligent les végétaux et animaux à s’adapter pour survivre, et au mois de mai le sol est déjà tout craquelé, crevassé, comme nous avons pu le constater.

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Une randonnée  dans un lieu étonnant, qui nous transporte dans un autre monde ! Quelques instants, on se croirait presqu'en Arizona, et non à une cinquantaine de kilomètre de la frontière française.

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Un peu plus loin, à l’abri des regards, après un peu de marche, nous arrivons dans un lieu typique, des Monegros. Cerclée par des rochers, une oliveraie pousse tranquillement protégée du vent. 

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Le contraste entre le vert des oliviers et l'ocre, aux nuances multiples, est un vrai plaisir pour les yeux ! 

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Nous déjeunons, au midi, au pied de la plantation d'oliviers centenaires, dont certains ont d'énormes troncs. A notre grande surprise, des vautours vont nous survoler, pendant notre repas.

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Au fond des oliviers, une falaise de conglomérat, d’une centaine de mètres, se dresse devant nous. Tout à fait remarquable, elle semble comme sortie d’une scène de Zorro.

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Quelques rares fermes céréalières parsèment le paysage, de los Monégros, on les décèle par leurs immenses silos à grain.

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 Mais les Monegros n’avaient pas ce même visage autrefois, une vie intense devait y grouiller jadis.

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Le nombre de fermes ou de hameaux abandonnés dans cette région est incroyable et surprenant, cela rend cette contrée encore plus désertique…et plus mystérieuse !

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Toutefois, ce qui m'attire, ce sont ces ruines qui parsèment le paysage. Même délabrées, on sent qu’elles ont encore une âme. 

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Nous passons devant de vieilles masures, ruinées par le temps, ou l’histoire, celle de la guerre civile qui fit rage ici aussi. 

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Plus ou moins abîmées, et plus ou moins effondrées, elles racontent les vents violents du nord qui se sont abattus sur elles et que rien n’arrête et qui obligeaient les hommes à étayer les tuiles avec de grosses pierres. Elles nous parlent aussi de ce soleil ardent, dont elles devaient se protéger, par de petites ouvertures.

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Ces ruines nous parlent aussi de ces travailleurs, qui venaient chercher un peu de repos et d’ombre, après avoir moissonné le blé, à la faucille,  sous la fournaise estivale. Dans ces immensités ondoyantes les hommes restaient sur place pour les travaux des champs. A l’époque, rien n'était mécanisé, tout se faisait à la main.

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Ces ruines nous parlent aussi du bétail parqué dans de vastes enclos. Dans ces steppes, des troupeaux de moutons paissaient sur des terres arides, à la recherche de leurs pâtures. 

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Ces ruines nous parlent aussi de ces hommes qui défrichèrent les sols et ôtèrent les pierres. On peut même y trouver, encore, des tessons de cruches de terre où l'eau restait fraîche, et des jarres d'huile d’olive, le minimum pour vivre de ces contrées reculées.

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On peut voir encore les ouvertures, les ferrures forgées encore en place, les boiseries vermoulues, les toitures effondrées…

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On peut  s'arrêter tous les 200 m, et retrouver à chaque fois la même pathétique beauté ! Dans cette solitude absolue, et cet immense silence, c'était impressionnant à voir ! 

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C’est sous l’influence de Franco, que le désert de Monegros a été repeuplé. Les plus démunis, d’autres communautés, ont reçu des terres et une maison pour s’installer dans les Monegros.

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 Une quarantaine de village ont ainsi été monté sur pied sur le même modèle : larges rues rectilignes, maisons à un étage équipées d’une basse-cours pour y abriter le cochon et la vache offerte par Monsieur le dictateur. 

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Quel plaisir de dormir la nuit dans le désert des Monegros, au milieu de nulle part au milieu des parfums et du silence nocturne, avec seule la lune, pour nous tenir compagnie...un moment exceptionnel ! Dans ces paysages, encore vierges, il est impressionnant d’assister à des couchers de soleil, aux couleurs orangées et ocres. 

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Aujourd'hui je sais que j’y retournerai un jour, bientôt peut être, car ce désert continue de m'attirer. Je n’ai malheureusement pas tout vu, il y a tant de choses à y découvrir, et tant de chemins à  parcourir. Il vaut le détour pour ses anciennes citadelles maures, ses grottes, ses canyons, ces cheminées de fée et ses rapaces.

 

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23 mai 2018

Los Monégros (1)

Vacances en Espagne : jeudi 3 mai 2018

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Nous poursuivons notre route vers les steppes arides des Monégros, en Aragon. Nous aurons la chance de traverser, ce territoire désertique, immense et pourtant méconnu, qui se prête pourtant à de magnifiques randonnées, dans le plus grand dépaysement.

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La première fois que j'y suis allée, il y a 10 ans, en plein été, je fus attirée comme un aimant par ce décor de Western, ces paysages arides, nus, blancs, écrasés de chaleur et de lumière. Los Monégros,  évoquait, pour moi, des moines en robe de bure, perdus dans ces immensités arides. 

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Il me fallait y retourner un jour, pour m'approcher de plus près de cet immensité désertique. Nous allons, de long en large, traverser ce désert vivant, unique et irremplaçable, morceau d'Afrique en Europe. Certes, ce n'est pas le Sahara de mes rêves d'autrefois, où j'ai vécu sept années....Mais c'est un désert quand même !

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Je m'aperçois, aujourd'hui, que los Monégros, depuis la dernière fois que j'y suis allée,  sont toujours aussi fascinants ! Rien n'a changé , ou presque, juste la couleur, car en ce moment c'est le printemps et les maigres céréales étaient en train de faire leur entrée dans la vie, en vert, envers et contre l'aridité qui les attendait l'été.  L'eau de la rivière Cinca a chassé le sel des terres ocre, et a reverdit ce désert, qui a pris un nouveau visage, beaucoup plus vert, quand période sèche.

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Situés dans la dépression de l’Ebre, los Monégros, est un immense désert de pierre et de sable, traversé par trois fleuves, et  quelques salines. Il n’y pleut pratiquement jamais. 

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Le nom de Monegros vient de la contraction de "Montes Negros" (Monts noirs).

 

 

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Il renvoi à la particularité historique de cette zone, constituée de grandes forêts de pins, de sapins et de genévriers, parfois teintés de couleur noirâtre, maintenant détruits et remplacés par l'actuel habitat de steppes.

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Cette vaste étendue plate, à perte de vue, dénudée, sans arbres, ou presque, sans ombre, et sans eau, est ponctuée par des reliefs aux formes singulières.

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Nous roulons à travers un impressionnant réseau de ravins, aux incroyables formations géologiques.

 

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La beauté des paysages nous fait vite oublier les aléas du vent, qui souffle en fortes raffales, ce jour-là.

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Un Busard Saint-Martin lutte contre le vent, des alouettes s’abritent dans la végétation, tandis qu’un petit groupe de canards a trouvé refuge dans une mare au milieu des étendues arides. 

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Dans cette surprenante région, de Monégros,  nous rencontrons des pics isolés et déchiquetés, d’énormes blocs de pierre qui défient le temps avec leur incroyable verticalité, qui rendent cette région unique et attractive. 

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Un contraste digne des oasis marocaines. 

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Nous longeons, dans cette  plaine désertique, des falaises de plus de 250 mètres de haut, peuplées par les genévriers millénaires.

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Nous découvrons une mosaïque de paysages, tous plus variés les uns que les autres, et d’une beauté sauvage, qui me fait penser au Far West américain.

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Une multitude de couleurs, allant de l'ocre au vert foncé. L’eau et le vent y ont sculpté un relief unique, de blocs de calcaires érodés, entourés de terres cultivées, de pins, d'amandiers et d'oliviers. 

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Les tapis de romarin, de camomille et de thym emplissent le paysage d'arômes intenses. Les coquelicots, au bord des routes, et dans les champs, habillent le paysage de leur couleur rouge vif. Quelques paquerettes, et fleurs des champs se marient à eux.

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Nous partons à la rencontre de villages perdus au milieu des Monégros. Leur couleur a la couleur de la terre, et se confondent avec elle.  

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L'on y cultive de maigres céréales, où les maisons et les  fermes, souvent bâties en torchis, ont une vie inhospitalière et éphémère.

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Nous découvrons, sur notre route, des rochers et des clochers d'église, qui abrite bon nombre de cigognes. 

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Perchées au dessus de nos têtes, elles y ont élu domicile pendant toute l’année ; de quoi ravir les touristes et amateurs d’oiseaux.

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Les routes sont rares et souvent rectilignes, je retrouve intactes mes émotions d'autrefois, amplifiées par le fait que nous sommes seuls dans cette immensité.

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Tout proche, des troupeaux de moutons, se confondant avec le sol, paissaient sur la steppe maigre et rase.

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Steppes, forêts de pins, montagnes, plaines, barrancos et lagunes salée, se côtoient dans ce paysage aride, de 2760 km².  La plus grande altitude se situe à 822m.

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Malgré ce  petit air d'Afrique, la faune et la flore y sont abondantes. Le butor, le hibou royal, l'aigle royal, le vautour, et l'outarde y vivent en paix.

DSC_4020Lagune. 

La nature a ciselé, avec le temps, un insolite paysage, balayé par le Cierzo, vent du désert, qui soulève la poussière des pistes que nous traversons.

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Cette contrée, est un territoire, que les amateurs de silence et de tranquillité apprécieront, comme moi, je suis sure ! Avec une densité de population d'à peine 8 habitants au km², cette région est un paradis pour les camping-caristes, que nous sommes.  

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Le travail d'irrigation dans cette région est phénoménal. L'eau provenant des deux fleuves, le Rio Cinca et l'Ebre, est distribuée partout, grâce à des barrage, des canaux d'irrigation, d'une grande superficie (souvent même aériens).  

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Un barrage alimenté par le canal del Flumen permet l'irrigation des cultures de la région, des tâches vertes au milieu d'un océan blond. 

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Suite : balade sur les chemins de Monégros.

 

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18 mai 2018

Les rives de l'Ebre : terre de contrastes

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Comme tous les grands fleuves, l'Èbre, dans l'Aragon, a été, pendant des siècles, un canal de communication essentiel, utilisé par les marins, les marchands et les artistes pour voyager et transporter des marchandises et du savoir-faire. Les potiers, les agriculteurs, les pêcheurs et les bateliers exercent encore leurs métiers, pour le plus grand plaisir des visiteurs.

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L’Ebre, le fleuve qui traverse la contrée du nord au sud, est un fleuve fascinant. La bonne entente avec le fleuve n’a pas toujours été facile. Les crues répétées, avant la construction des barrages régulateurs, ont brisé bien des rêves chez ceux qui s’étaient approchés de ses eaux vertes et bleues pour y construire un improbable destin. 

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Mais le fleuve a été, dès les origines, le garant de la vie, avant tout pour les cultures, dont c’est la ressource majeure. 

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Les bords du fleuve de la Ribera d’Ebre, sont riches d’une dense végétation, où règnent les cultures d’arbres fruitiers. La pêche de vigne et la cerise en sont les éléments leaders. Mais plus on s’éloigne de l’Ebre, plus le paysage redevient celui de l’austérité de l’olivier, de la vigne, de l’amandier et des cultures habituées à la sécheresse.

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Cette concentration de la chaleur, sur la vallée du fleuve, et la cuvette constitue un avantage important pour les cultures agricoles. Les contrastes entre les berges verdoyantes du fleuve et les zones intérieures offrent à la vue un spectacle incomparable. Et c’est sans compter sur les nombreuses espèces locales, dont les cigognes, qui animent ce paysage de carte postale ! 

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Au printemps, les champs fleuris des arbres fruitiers de la vallée doivent être un véritable éblouissement. Dans les contrées les plus hautes, la primauté reste celle de la vigne et de l’olivier, ancrés historiquement dans le pays et dont l’huile et le vin tiennent encore un rang appréciable.

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Nous traversons le célèbre pont qui nous mène au village de Sastago. 

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DSC_3980Le pont en arcs, à tablier, de Sastago

La traversée de ce joli village de Sastago, avec ses maisons blanches, nous fait penser à l'Andalousie.

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Nous nous arrêtons, ensuite, sur un banc, au niveau d'un bèlevédère,  pour contempler la vue qui s’offre à nous, un panorama magnifique, sillonné par les méandres de l’ Èbre. Ce joyau caché des terres de l’Èbre renferme un incroyable décor sculpté par l’eau dans la pierre… Magnifique !

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De la route nous apercevons, au loin, Sastago, le ponten arcs, des parcelles d’oliviers ou de la vigne, délimitées par de traditionnels murs de pierre, avec comme fond de décor cette montagne désertique, semi-aride. 

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Mais là où cet itinéraire devient réellement magnifique c’est quand il nous permet de contempler, de véritables falaises, abruptes, qui longent la rive opposée de l’Ebre. 

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Au terme de notre visite dans cette zone, nous donnons encore un dernier coup d'œil au village de Sastago qui repose, paisible, au bord de l'Ebre. 

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Pendant les derniers jours que nous venons de passer, nous croiserons de vrais décors de cinéma, nous longerons les méandres du plus important fleuve d’Espagne. 

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Ermitage Montler, perdu au milieu d'un méandre de l'Ebre.

Nous passerons par des paysages totalement désertiques, dignes de l’Afrique, à des montagnes verdoyantes. Un ensemble de paysages naturels qui font de l’Espagne un pays très varié, dont on ne se lasse jamais !

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La rive de l’Ebre était, autrefois, l’endroit idéal pour la construction du monastère de Rueda, en 1202, à l’écart de tout, mais dominé par un vaste et riche territoire. Au milieu de nulle part, dans un environnement aride, et tout près de Belchite, il apparait comme une oasis pour les gens de passage, comme nous. C’est un superbe monastère cistercien, au milieu des méandres de l'Ebre, dans un paysage désertique.

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C’est l'un des ensembles monastiques cisterciens les plus importants, parmi ceux ayant été construits en Europe, entre les XIIe et XIIIe siècles et a été abandonné au XIXème siècle. Il a, depuis plusieurs années, subi une grande rénovation, de 1991 à 2003. La qualité du travail accompli met en valeur la superbe architecture des bâtiments et surtout de son cloitre. 

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Le monastère doit son nom à la roue qui servait à pomper l'eau dans l'Ebre qui se trouve à proximité. Une gigantesque roue qui alimentait en eau l’enceinte est devenue l’identité du monastère. La "roue" (rénovée) du moulin de Rueda est une très belle mécanique, de grande taille et à plusieurs fonctions.

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DSC_3930Joli clocher mudéjar.

Une partie de l'édifice sert d'Hôtel-Restaurant, en saison estivale, mais à cette période de mai, nous n'avons pu voir que l'extérieur et ses jardins. 

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En plus, ce monastère permet d'avoir de superbes vues sur le fleuve Ebre situé en contrebas. L'endroit est particulièrement jolie et agréable, idéal pour faire une petite halte d’une nuit, ce que nous ferons.

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Spiritualité, recueil et plein air, dans la solitude la plus profonde, voilà un monastère, aragonais, qui mérite une petite visite.

 

 

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